comment la danse classique a aidé Lilian à sortir de l’isolement dans lequel une dyslexie sévère l’avait plongé



« J’aimerais avoir tout ce qui est possible dans mon cas pour réussir ma scolarité, comme les autres enfants de mon âge, car à ce jour, je suis en échec. Je vous remercie de l’étude de mon dossier », avait dicté Lilian Dubus à sa mère, qui avait  alors écrit la lettre envoyée à l’orthophoniste Valérie Houssin. Elle vient de lui en lire un extrait. « C’est émouvant », dit-elle à l’adolescent de quatorze ans, habitant à Zutkerque (Pas-de-Calais), qu’elle reçoit ce jour-là dans son cabinet.

« Quand on s’est rencontrés en 2015, tu étais en CE2 et en grande difficulté scolaire, en grande souffrance. Par rapport à un autre enfant, tu lisais moins précisément et moins rapidement, en disant un mot pour un autre. Est-ce que tu saurais reparler un peu de tout ça ? » Visiblement, il n’a pas trop envie de revenir sur ce passé douloureux. La dyslexie sévère qui le touche, à cause d’un dysfonctionnement dans le lobe temporal gauche de son cerveau, a mis longtemps à être diagnostiquée. Les lettres, les sons, les formes s’entremêlent…

« Ces enfants peuvent être pris pour des paresseux »

Ses camarades de classe se moquaient du garçon qui a quitté l’école primaire pour un collège spécialisé sans avoir appris à lire. « En CP, j’étais tout seul au fond de la classe à une table qui avait deux places. J’avais des notes sous la moyenne et même zéro. Le prof ne m’interrogeait pas, même si je levais la main. Il me disait que j’étais un idiot », raconte Lilian au magazine « 13h15 le samedi » (replay). Et quand un handicap empêche un enfant de s’épanouir pleinement, la solution se trouve parfois dans des formes d’expression qui se passent de mots…

Le jeune garçon voulait absolument pratiquer la danse classique, contre l’avis de ses proches. A force d’envie et de travail, elle lui a permis de prendre  confiance en lui et réussi à le sortir de son isolement. « Ce sont souvent des enfants qui ont des comportements négatifs en classe, se font remarquer et sont souvent punis, peuvent être pris pour des paresseux, explique la thérapeute. Il y avait au contraire une réelle souffrance. Et comme il avait l’impression d’être incompris, c’était son moyen à lui de s’exprimer. C’était un cercle vicieux. »

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