Test Blu-ray : Bravados | Critique Film


Bravados

États-Unis : 1958
Titre original : The Bravados
Réalisation : Henry King
Scénario : Philip Yordan
Acteurs : Gregory Peck, Joan Collins, Stephen Boyd
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h38
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 1 octobre 1958
Date de sortie DVD/BR : 10 août 2020

Jim Douglass arrive dans la petite ville de Rio Arriba ; il souhaite assister à la pendaison qui doit se dérouler en ces lieux où la potence est en train d’être construite, celle destinée à quatre malfrats ayant tenter d’attaquer la banque, tuant par la même occasion l’un de ses employés. Suspicieux de la venue de cet étranger, le shérif interroge Jim sur ses véritables motivations et lui confisque ses armes le temps de son séjour en ville. Dans les rues de la cité, on le prend pour le bourreau venu pour exécuter les quatre prisonniers mais il détrompe vite les habitants ; d’ailleurs le véritable guillotineur arrive peu après…

Le film

[4/5]

Bien (trop) souvent considéré comme une œuvre mineure au sein de la carrière d’Henry King, Bravados est pourtant un excellent western. Plus de soixante ans après sa sortie dans les salles, il mériterait franchement de se voir réhabilité et considéré à sa juste valeur. Film de vengeance implacable, le film – qui marquait la cinquième collaboration entre Henry King et Gregory Peck – bénéficie d’un scénario très simple et linéaire, mais remarquablement écrit et mis en scène. Ainsi, dans le traitement de ce récit de vengeance et la description des motivations du personnage principal, Bravados parvient à renouveler sa thématique en changeant le regard du spectateur sur l’image du cowboy / ange de la vengeance ici incarné par Gregory Peck.

En effet, si le genre est le plus souvent porté par des personnages aux motivations légitimes, ce qui facilite l’identification du spectateur et l’immersion au cœur du film, dans Bravados, les choses changent. Grâce à l’écriture habile de Philip Yordan, le public se rendra rapidement compte que le personnage de Gregory Peck, un homme dur et impitoyable, au visage sombre, semble dépasser les limites de la simple vengeance et a basculé dans une véritable folie meurtrière, aveugle. Au fur et à mesure du déroulement du film, le spectateur découvrira en effet que les ramifications de l’affaire sont plus complexes qu’il n’y parait, et que Jim Douglass (Gregory Peck) semble plutôt un être abreuvé de haine et assoiffé de sang…

Ainsi, et grâce à la mise en scène d’Henry King, qui illustre parfaitement son côté obsessionnel et profondément inquiétant, Gregory Peck apparaitra peut-être, au final, plus flippant que les quatre bandits qu’il pourchasse. Ces derniers sont pourtant incarnés par des têtes connues des amateurs de « tronches » de cinéma : Stephen Boyd (Messala dans Ben Hur), Albert Salmi (un grand second-rôle méconnu du cinéma des années 60/70, qui se suicidera en 1990 après avoir tiré une balle dans la tête de son ex-femme), et bien sûr les immenses Lee Van Cleef et Henry Silva. Des acteurs excellents et mémorables qui, après Bravados, deviendront d’ailleurs des habitués des rôles de méchants.

Aux côtés de ces hommes peu fréquentables, quel que soit le côté de la loi – ou du bon droit – où ils se situent, on ne trouvera qu’un seul personnage féminin, interprété par Joan Collins, future interprète de la série Dynastie (1981-1989). Son rôle est ingrat, presque anecdotique, mais elle parvient comme toujours à s’imposer, d’autant que son personnage est assez éloigné des stéréotypes du western, puisqu’elle est une femme à poigne, plutôt masculine et propriétaire d’une ferme.

Sec et direct, sublimé par une photo absolument superbe signée Leon Shamroy et porté par un rythme fou et des rebondissements incessants, Bravados affiche une modernité assez nette pour un film de 1958. Le film a également pour lui la particularité, très inhabituelle dans le western de l’époque, de proposer dans sa dernière bobine un étonnant « twist » – ou retournement de situation final. On vous ne le révélera pas afin de vous préserver la surprise…

Le Coffret Blu-ray + DVD + Livre

[5/5]

Disponible à partir du 10 août 2020 chez Sidonis Calysta au sein de sa richissime collection « Western de légende », Bravados débarque dans un superbe Combo Blu-ray + DVD + Livret de 88 pages prouvant une fois de plus que l’éditeur français est bien déterminé afin de fournir au consommateur des éditions qui soient également de « beaux objets » de collection. Le film d’Henry King vient donc tenir compagnie aux centaines de westerns déjà disponibles dans cette belle collection depuis de nombreuses années, et dont tout cinéphile qui se respecte possède au moins une douzaine de titres, quand ce n’est pas une centaine !

Côté Blu-ray, la copie de ces Bravados en Haute-Définition est de très bonne tenue, avec un grain cinéma globalement bien respecté, des couleurs fidèles aux teintes d’origine et des contrastes finement travaillés. La restauration a fait place nette des tâches, rayures et autres griffes disgracieuses, et propose une image relativement stable, avec néanmoins quelques fourmillements discrets sur certaines séquences. Côté son, l’éditeur nous propose une version originale en DTS-HD Master Audio 2.0 mono, sans souffle ni bruits parasites. Les dialogues sont parfaitement clairs, on appréciera la VF d’époque un brin surannée et les sous-titres ne souffrent d’aucun problème particulier.

Côté suppléments, on notera tout d’abord la présence à même le boitier d’un livre de 88 pages consacré à Gregory Peck, dont la rédaction a été confiée à l’indéboulonnable Marc Toullec, qui est devenu en l’espace de quelques années le « Mr Bonus » des éditeurs indépendants français. Cela dit, comme d’habitude, son travail est synthétique, extrêmement documenté, abondamment illustré et très agréable à lire. Du beau boulot. Sur le Blu-ray à proprement parler, l’éditeur Sidonis Calysta ne se sépare pas de ses excellentes habitudes, avec la traditionnelle présentation du film par Patrick Brion (10 minutes), qui revient sur le film selon sa façon de faire habituelle : il le resitue dans le contexte de l’époque, puis cite les différents westerns tournés en 1958. Il reviendra également sur les différentes versions du scénario, évoquant le final en détail – alerte Spoilers – ainsi que sa portée morale et philosophique. En complément de l’intervention de Patrick Brion, on appréciera de pouvoir également se plonger dans une présentation du film par Jean-François Giré (15 minutes). Ce dernier abordera Bravados sous un angle un peu différent, en commençant par évoquer le thème de la vengeance dans le western, notamment italien, pour enchaîner avec un résumé détaillé du film – deuxième alerte Spoilers. Néanmoins, ses propos concernant la révélation finale du film ne sont pas gratuits, et alimentent la réflexion sur la réception critique du film qu’il propose dans la deuxième moitié de son intervention. Mais ce n’est pas tout : l’éditeur nous propose en effet également un court entretien avec Joan Collins mené par Rob Word pour sa chaîne YouTube « A word on westerns » (4 minutes), ainsi que la présentation de Bravados par Joe Dante, issue de la chaîne YouTube « Trailers from Hell » (2 minutes). On terminera le tour des suppléments avec une galerie de photos (6 minutes) ansi qu’avec la traditionnelle bande-annonce.



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