Quelles sont les 6 monarchies de l’Union européenne ?



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06.08.2020

Agnès Faure

Découvrez les familles royales des six pays monarchiques de l’Union européenne.

Découvrez le trombinoscope des monarchies européennes

La plupart des pays européens ont connu au cours de leur histoire une période de monarchie. A la veille de la Première Guerre mondiale, la majorité des pays du Vieux Continent sont gouvernés par des souverains, mais après 1945, le modèle politique dominant change et les républiques deviennent majoritaires, au sein d’un paysage politique mouvant.

Si dans certains pays, comme en Italie, la fin de la monarchie est synonyme de rétablissement de la démocratie, ce n’est pas le cas partout en Europe. Ainsi, en Espagne, le pays n’est plus une monarchie depuis 1931, et la dictature de Franco, qui s’installe en 1939 à l’issue d’une guerre civile meurtrière, ne la restitue pas. Elle ne sera réintroduite qu’en 1975 par Juan Carlos Ier, qui instaure alors une démocratie représentative.

A l’Est, de nombreux pays sont également poussés à mettre fin à leur système politique, sans pour autant aller vers un régime plus démocratique. C’est le cas en Roumanie, qui adopte le modèle soviétique en 1945 et dont le roi Michel abdique en 1947, ou de la Hongrie, qui, sortie défaite de la Seconde Guerre mondiale, adopte en 1945 un régime communiste imposé par les Soviétiques. En Grèce, le mouvement inverse a lieu. En 1946, Georges II est ainsi réinstitué à la tête du pays. La monarchie sera cependant destituée dès 1967 lors du coup d’Etat des colonels dont le régime durera jusqu’en 1974.

6 monarchies modernes au sein de l’Union européenne

Aujourd’hui, les monarchies sont minoritaires au sein de l’Union européenne. Au nombre de six (Belgique, Danemark, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, Suède), elles octroient à leur souverain ou souveraine des pouvoirs limités, d’ordre symbolique et représentatif.

Au fil des années, les monarchies ont en effet évolué vers des modèles constitutionnels modernes, octroyant leurs pouvoirs au Premier ministre, relâchant l’étiquette et assouplissant les traditions. Aujourd’hui, la majorité des six monarchies de l’UE applique par exemple la primogéniture stricte (l’aîné du monarque hérite du pouvoir lors de la mort ou de l’abdication de ce dernier, que ce soit une fille ou un garçon) et non plus la primogéniture masculine (seul le fils aîné du roi hérite de la couronne) et dans quatre d’entre elles, des héritières devraient prendre la couronne d’ici la seconde moitié du XXIème siècle. En Suède et en Espagne, les monarques payent même des impôts…

Trombinoscope des monarchies européennes

Cliquez sur les différents souverains pour accéder à leur fiche descriptive et cliquez en bas à droite de l’image pour agrandir l’infographie.

Les couronnes vacillent

Dernièrement, les différentes couronnes européennes ont néanmoins vécu plusieurs scandales les fragilisant. En 2010, par exemple, le roi Carl Gustaf de Suède a utilisé des subventions agricoles européennes pour compenser la perte d’un million d’euros en bourse lors de la crise financière. Son surnom de « roi sans culotte », allusion aux divers scandales de liaisons extra-conjugales dont il est l’objet, le suit en outre partout où il va.

Très contestée ces dernières années, l’image de la monarchie espagnole s’est dégradée. Entre partie de chasse pharaonique alors que le pays s’enlise dans la crise et soupçons de blanchiment de capitaux et de fraude fiscale, les bévues se sont enchaînées. Au point que, pour des raisons de santé mais aussi d’image, le roi Juan Carlos 1er a décidé d’abdiquer en 2014. Il a laissé la place à son fils Felipe VI, qui tente de blanchir l’image de sa famille. Six ans plus tard, le 3 août 2020, l’ancien roi a même quitté le pays pour une destination inconnue…

Popularité et coût de la monarchie

Malgré ces différentes affaires, les monarchies restent majoritairement soutenues par les citoyens des pays concernés. Ainsi, en Espagne, en 2017, le roi Felipe bénéficiait d’une popularité de 7,2 points sur 10, selon le journal El Español. En 2013, 70% des Néerlandais se déclaraient en faveur de leur souverain et en Belgique, 69% des sondés en 2016 déclaraient avoir totalement ou plutôt confiance en leur roi.

Malgré leurs pouvoirs réduits, les monarchies représentent un coût, souvent restreint, pour leur pays. La plus coûteuse par habitant est celle Luxembourg, où le Grand-Duc, en plus de son salaire de plusieurs centaines de milliers d’euros, dispose d’un budget de 10 millions chaque année.

Au pays de la maison Orange-Nassau, la monarchie coûte chaque année 44 millions d’euros aux Néerlandais. La famille royale danoise a, quant à elle, coûté 41,4 millions d’euros en 2017, soit beaucoup plus qu’en Suède où ce chiffre atteint un peu plus de 11 millions d’euros.

La monarchie belge a quant à elle coûté plus de 36 millions d’euros au pays en 2018. La couronne d’Espagne est la moins coûteuse. Le Roi Felipe a baissé son salaire de 20% par rapport à celui de son père et touche annuellement un peu plus de 230 000 euros. Le budget de la monarchie est lui resté le même, aux alentours de 8 millions d’euros par an. Cela représentait, en 2015, 16 centimes d’euro par an et par habitant.

 

Ailleurs en Europe…

Deux autres familles royales sont encore en place au Royaume-Uni (Elizabeth II) et en Norvège (Harald V).

 

Article initial rédigé par Isaure Magnien le 15.05.2018



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