75 ans après la bombe nucléaire lâchée sur Hiroshima, un rescapé se souvient



Le Japon commémore les 75 ans de la première attaque nucléaire de l’histoire, le 6 août 1945 à Hiroshima. Suivie trois jours plus tard par celle sur Nagasaki, elles feront 210 000 morts. Voici le récit d’un « hibaskusha », un irradié qui a survécu à la tragédie.

Hiroshima, dans le sud du Japon. En 1945, Takashi Teramoto a 10 ans. Le 6 août à 8h15, le jeune garçon est chez lui quand soudain il voit « une lumière extraordinaire ».  

Je me suis accroupi, tout est devenu tout noir et la maison s’est en partie effondrée sur moi.Takashi Teramoto, survivant de la bombe d’Hiroshimaà franceinfo

« Au-delà de la douleur, j’avais surtout envie que ça se termine vite, alors je me suis fait tout petit », poursuit celui qu’on appelle depuis un « hibaskusha », un irradié rescapé de la catastrophe. Blessé au visage et à la tête, Takashi Teramoto se souvient être parvenu à s’extraire des décombres et à sortir de chez lui. Des voisins sont apparus petit à petit mais pas sa mère. Il se souvient avoir crié « maman ! » en pleurant.  

On lui dit de fuir sans attendre. Il part avec une vieille voisine et rejoint un sanctuaire où se trouvent déjà de nombreux blessés. « Et là j’ai vu un enfant avec lequel j’avais joué le matin, il était tout débraillé, ses vêtements déchirés ».

Je me suis approché et j’ai vu ses bras : des lambeaux de peau brûlée tombaient et il marchait les bras devant, les irradiés marchaient ainsi.Takashi Teramoto

Des scènes d’horreur qui hanteront longtemps ses nuits. Il raconte qu’il se souvient « que le ciel de Hiroshima était rouge, coloré par des feux allumés pour incinérer les cadavres ». Son père finit par le retrouver mais jamais il ne reverra sa mère. Ils n’ont plus jamais parlé de la guerre. Jamais.    

75 ans plus tard, il n’éprouve ni haine ni rancœur. « Je veux juste qu’un tel acte, aussi cruel, ne se reproduise pas », dit-il. La bombe d’Hiroshima a fait 140 000 victimes. Trois jours plus tard, les Américains avaient récidivé en en lâchant une deuxième sur Nagasaki tuant 70 000 habitants. Depuis plus de sept décennies, les survivants militent pour qu’on en finisse avec les armements nucléaires. « La dissuasion nucléaire est un non-sens total car cela repose sur la menace d’utiliser une arme atomique, déplore l’octogénaire. La paix ce n’est pas ça ».

75 ans après Hiroshima, le témoignage d’un survivant recueilli par Karyn Nishimura.



francetvinfo

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