Kiassumbua, un rêve à portée de main



  • Joel Kiassumbua est le gardien de but de la RD Congo
  • Il a remporté la Coupe du Monde U-17 2009 avec la Suisse
  • Il rêve de qualifier les Leopards pour Qatar 2022

Pour sa première inscription en éliminatoires, la RD Congo, alors appelée Zaïre, réalise un coup de maître en se qualifiant pour la Coupe du Monde de la FIFA 1974. L’aventure en Allemagne tourne au cauchemar avec trois défaites, qu’importe la RD Congo décroche sa place dans les livres d’histoire. Mais ce premier exploit est aussi le dernier en date, les Simbas, devenus depuis les Léopards, courent toujours après une nouvelle participation à l’épreuve reine.

« Au regard de l’évolution du football congolais, je ne pense pas qu’une qualification des Léopards pour la Coupe du Monde 2022 serait, à proprement parler, une ‘surprise’, » annonce Joel Kiassumbua, gardien de but de la RD Congo au micro de FIFA.com. « Je rappelle que nous avons raté in extremis la dernière Coupe du Monde. Nous étions à dix petites minutes du billet pour la Russie ! »

Et d’ajouter : « Nous avons de la qualité. Beaucoup de nos joueurs ont fait l’expérience du football européen. Et le pays est également très bien représenté pas ses clubs dans les compétitions africaines, à l’image du TP Mazembe et de l’AS Vita. Bref, Nous sommes une grande nation de football. Et plus qu’un rêve, la Coupe du Monde doit être un objectif pour nous. »

Joel Kiassumbua (Schweiz U15)

Père africain et sacre sur le continent mère

Ce « nous » a une résonance particulière dans la bouche Joel Kiassumbua. Et pour cause : Né à Lucerne d’un père congolais et d’une mère suisse, il a d’abord porté les couleurs de la Nati dans les sélections jeunes. Et s’il est aussi optimiste, c’est parce que l’expérience lui a montré qu’il fallait y croire jusqu’au bout… jusqu’au titre de champion du monde ! Ce sacre, il l’a décroché avec la Suisse, contre toute attente, lors de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Nigeria 2009.

« Ce ne sont évidemment que des bons souvenirs. C’était d’autant plus fort pour moi que c’était ma première fois sur le continent de mon papa » confie le portier qui était alors la doublure de Benjamin Siegrist, futur Gant d’Or du tournoi. « Ce statut de gardien remplaçant n’a pas terni mon bonheur. Le coach nous avait prévenus avant le tournoi. Chacun savait à qui s’en tenir. J’étais déjà très fier de faire partie de l’équipe. »

Mais ce grand bonheur va vite laisser place au doute. Boosté par ce titre de champion du Monde, Kiassumbua se veut à la fois très ambitieux et trop impatient : « Je pensais que tout allait changer grâce à ce titre, mais je n’avais pas réalisé le travail qui me restait à accomplir. Je n’étais encore que junior », admet le portier, qui attendra trois ans avant qu’un club professionnel lui fasse confiance, et cinq pour que celui-ci, le FC Wholen, lui offre un poste de titulaire, en deuxième division suisse.

Une première contre les Panthères

Sa carrière est en tout cas lancée. En 2017/18, il fait ses premiers pas en Super League, au FC Lugano. L’année suivante, il rejoint le Servette FC, avec lequel il vit une montée dans l’élite. Il porte toujours les couleurs du club classé 4e de Super League, mais il n’y est pas titulaire. »Ma carrière est semblable à celle de tout footballeur : elle faite de hauts et de bas. Chacun son chemin, moi je suis fier du mien ! Je vis mon rêve : je suis un footballeur professionnel, un joueur international, je n’ai rien à envier à personne », souligne-t-il.

Les Léopards sont loin d’être étrangers à sa sérénité. S’il a disputé un match amical contre l’Irak en novembre 2015, Kiassumbia a disputé sa première rencontre officielle en novembre dernier contre la Gabon, dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2022. « Cela m’a fait plaisir, et mûrir aussi. Ce n’est pas rien de jouer devant 80 000 personnes, et pour un pays de 80 millions d’habitants ! Il y a beaucoup de responsabilités, surtout à mon poste », explique-t-il.

Il faut croire que ça lui réussit : le score s’est achevé sur un 0-0 et Kiassumbua a été élu homme du match. Cinq jours plus tard, il a à nouveau été aligné contre la Gambie, contre laquelle la RD Congo a également partagé les points (2-2). « Je pense avoir montré de quoi j’étais capable, » analyse l’intéressé. « Mais j’ai conscience de ne pas être le seule à postuler à ce poste. Il faut être compétitif, en forme. Et comme toujours, c’est le coach qui a le dernier mot ! »

Et dans le staff des Léopards, le coach des gardiens n’est pas n’importe qui : C’est Robert Kidiaba. « C’est un privilège de recevoir ses conseils » confie Kiassumbua à propos de l’ancien portier des Léopards. « C’est une légende, et pas seulement pour sa fameuse célébration. C’était un gardien de rêve ».

En attendant sa place dans le panthéon des gardiens congolais, Kiassumbua peut être lui le gardien du rêve !





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