Reportage. Au coeur de la plus grande ferme urbaine d’Europe


Des cultures à quelques pas du périphérique. Si le parc des expositions de la Porte de Versailles a l’habitude de recevoir veaux, vaches et cochons lors de l’incontournable Salon de l’agriculture, un concept agricole plus novateur s’est installé sur le toit du pavillon 6. Pourtant, lever la tête ne vous suffira pas pour apercevoir les salades, fraises, tomates qui y poussent. Nichée au fin fond du gigantesque parc expo, la plus grande ferme urbaine d’Europe, fraîchement installée au début de l’été, n’est visible qu’après un bon quart d’heure de marche, un ascenseur et la traversée d’un restaurant…


Sur l’exploitation, pas de terre. “Il faut être le plus léger possible”, nous explique Pascal Hardy, fondateur d’Agripolis. Sur ce “rooftop” maraîcher qui devrait atteindre les 14.000 m2 d’ici 2022 (contre 4.500 mètres carrés aujourd’hui), on cultive grâce à deux méthodes : à l’horizontale, dans des gouttières qui servent à produire des plantes grimpantes (tomates, courgettes ou encore aubergines…): l’hydroponie, ou à la verticale dans des tubes creux, l’aéroponie. Ici, chacune des colonnes en plastique abrite une cinquantaine de fraisiers logés dans les alvéoles. Toutes les 12 minutes les racines sont arrosées par un mélange d’eau et de nutriments. Un système totalement clos qui permet de cultiver sans risque à quelques mètres du périphérique parisien. “Il n’y a aucun danger pour le consommateur. Ces techniques sont imperméables à la pollution : les nutriments et l’eau ne sont jamais en contact avec l’air ambiant, or, c’est par les racines que s’infiltre la pollution, y compris les métaux lourds”, précise l’ingénieur qui revendique “des analyses incroyables”. “Nos plants sont bio, mais nous n’avons pas le label, pour une raison simple, en France, le cahier des charges n’intègre pas les cultures hors-sol”. 

Suivre les cycles de la nature


Si faire pousser des cultures dans des colonnes et des gouttières peut avoir un côté indéniablement futuriste, certaines techniques utilisées sont plus proches du bon sens paysan que de la Silicon Valley. “Nous avons installé des fleurs sur les colonnes pour faire venir les abeilles”, nous montre Pascal Hardy, car ici comme partout depuis des millénaires, ce sont ces insectes qui se chargent de la pollinisation des plantes, « Elles ont aussi pour but d’attirer les pucerons qui devraient ainsi laisser les cultures tranquilles sans qu’on ait à ajouter quoi que ce soit , » continue-t-il.  Ici, pas de néons de lumières artificielles ni de chauffage pour tromper l’hiver, Nature Urbaine a pour objectif de suivre les cycles de la nature en limitant au maximum l’impact carbone : “Nos cultures suivent les saisons, nous n’avons pas pour objectif de proposer des tomates ou des fraises toute l’année. La saison de production va de mars à octobre-novembre. Dans l’année, on diversifie les cultures, en début de saison nous avions des salades, maintenant des fraises… En fin de saison, on s’attaquera aux légumes d’hiver.”

Au total, avec les herbes et les condiments, une trentaine d’espèces différentes pourront être récoltées chaque jour par les quatre maraîchers. Si l’ambition n’est pas de nourrir Paris demain, les prévisions de Nature Urbaine sont tout de même conséquentes : ” Pour l’instant nous occupons seulement un tiers de ce qui sera installé à terme, rien que sur ces installations nous prévoyons pour la saison, 40.000 unités de production, c’est-à-dire une barquette fraises, un bouquet de basilic, un kilo de tomates…. “. Quelques centaines de kilos par jour sont récoltés. Une partie de cette production est destinée au restaurant voisin de l’exploitation, Le Perchoir, le reste à de la restauration collective et de la vente aux paniers via des systèmes de distribution de type AMAP.

Côté finances, Agripolis attend près de 350.000 euros de chiffres d’affaires rien que sur ce site, mais avec le Covid-19, les attentes ont été revues à la baisse d’autant que 42% de ce montant devaient être faits avec des prestations sur l’exploitation (ateliers, visites, animations…). “Nous espérons être à l’équilibre l’an prochain, au global, on sait que notre modèle économique fonctionne. Que ce soit avec des sites comme celui-ci pour l’exploitation, ou en faisant de la vente de fermes pour des partenaires, par exemple de la grande distribution ou des hôteliers, que nous accompagnons dans le temps avec des prestations de supports pour leurs fournir d’un point de vue agronomique et technique, tout ce qui est nécessaire au bon fonctionnement de leur exploistation.” Grâce à ce site vitrine, Agropolis espère installer de nouvelles fermes urbaines à l’international dès l’année prochaine grâce à une levée de fond en cours.  

Des cultures à quelques pas du périphérique. Si le parc des expositions de la Porte de Versailles a l’habitude de recevoir veaux, vaches et cochons lors de l’incontournable Salon de l’agriculture, un concept agricole plus novateur s’est installé sur le toit du pavillon 6. Pourtant, lever la tête ne vous suffira pas pour apercevoir les salades, fraises, tomates qui y poussent. Nichée au fin fond du gigantesque parc expo, la plus grande ferme urbaine d’Europe, fraîchement installée au début de l’été, n’est visible qu’après un bon quart d’heure de marche, un ascenseur et la traversée d’un restaurant…

Sur l’exploitation, pas de terre. “Il faut être le plus léger possible”, nous explique Pascal Hardy, fondateur d’Agripolis. Sur ce “rooftop” maraîcher qui devrait atteindre les 14.000 m2 d’ici 2022 (contre 4.500 mètres carrés aujourd’hui), on cultive grâce à deux méthodes : à l’horizontale, dans des gouttières qui servent à produire des plantes grimpantes (tomates, courgettes ou encore aubergines…): l’hydroponie, ou à la verticale dans des tubes creux, l’aéroponie. Ici, chacune des colonnes en plastique abrite une cinq…



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