Darmanin a retiré sa plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre son accusatrice de Tourcoing


Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a retiré la plainte pour « dénonciation calomnieuse » qu’il avait déposée en 2018 contre une habitante de Tourcoing qui l’a accusé d’avoir abusé d’elle, selon les informations de Mediapart.

Pourquoi nommer Darmanin à l’Intérieur est une faute politique

Dans cette affaire, cette habitante de Tourcoing avait accusé le maire de sa ville de l’avoir incitée à des relations sexuelles en échange d’une aide pour obtenir un logement et un emploi, alors qu’elle se trouvait en situation de précarité. Elle avait témoigné devant les policiers du 1er district de police judiciaire (DPJ) de Paris, le 13 février 2018.

Gérald Darmanin avait porté plainte contre elle après cette audition. Malgré le classement sans suite de cette affaire, aucune infraction pénale n’étant constituée, il avait assuré qu’il « irait jusqu’au bout », rappelle le site d’information.

Revirement cinq mois plus tard

En réalité, Gérald Darmanin s’est rétracté cinq mois plus tard le 29 octobre 2018, rapporte Mediapart après avoir obtenu confirmation de cette information par le parquet de Paris.

Interrogé par Mediapart, le nouveau ministre de l’Intérieur n’a pas souhaité expliquer ce revirement.

L’accusation de viol qui plane sur les premiers pas de Gérald Darmanin à l’Intérieur

Gérald Darmanin a, en revanche, maintenu sa seconde plainte en « dénonciation calomnieuse », déposée à l’encontre de Sophie Patterson-Spatz, dont les accusations de viol font toujours l’objet d’une enquête judiciaire.

Selon la plaignante, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter son appui et elle se serait sentie contrainte de « passer à la casserole ». Lui affirme qu’il s’agissait au contraire d’une relation librement consentie.

Reprise des investigations pour Sophie Patterson-Spatz

La plainte de Sophie Patterson-Spatz avait d’abord été classée sans suite par le parquet début 2018. Les investigations « n’ont pas permis d’établir l’absence de consentement de la plaignante et n’ont pas caractérisé davantage l’existence d’une contrainte, d’une menace, d’une surprise ou d’une quelconque violence à son endroit », avait expliqué le parquet.

Sophie Patterson-Spatz avait ensuite déposé une plainte avec constitution de partie civile, dans le but d’obtenir la désignation d’un magistrat instructeur.

Le 16 août 2018, une juge avait rendu « une ordonnance de non-lieu à informer », estimant qu’au vu des investigations, les faits reprochés n’étaient pas constitués et qu’il n’y avait pas lieu d’enquêter davantage.

La plaignante avait contesté cette décision, mais la cour d’appel de Paris avait jugé son appel hors délai avant d’être contrainte par la Cour de Cassation, en novembre 2019, de réexaminer la question.

Mi-juin, cette même cour d’appel a ordonné la reprise des investigations contre celui qui était encore ministre de l’Action et des Comptes publics.





nouvelobs

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