Près de 300 salariés en colère devant le siège de Hop! à Nantes


Entre 220 personnes, selon la police, et 300 selon la CGT, ont laissé éclater leur colère jeudi matin devant le siège de la compagnie Hop!, filiale régionale d’Air France, à Nantes, pour dire non aux suppressions d’emplois et à la « mort de la compagnie », a constaté une journaliste de l’AFP.

Ce premier « rassemblement national » réunissait des salariés venus de toute la France, et notamment de Morlaix et Lille où les sites sont menacés. Ils ont commencé à se rassembler à partir 08H00 devant le siège de la compagnie.

Refusant la suppression de la moitié des emplois dans l’entreprise, ils ont installé des pancartes, un cercueil avec une croix pour symboliser « la mort de la compagnie et ont démonté, à l’aide d’une masse, le grand panneau métallique avec le logo Hop! signalant le siège de la compagnie. Ils ont ensuite brûlé le panneau sous les applaudissements des manifestants.

« No hope for Hop! », « Hold up organisé sur les vols de province », « l’État français fossoyeur de l’aérien », pouvait-on lire sur les pancartes.

« On voudrait avoir recours au chômage de longue durée pour voir comment le trafic aérien va évoluer d’ici deux ans, et voir avec les partenaires sociaux la reconstruction de Hop! », a déclaré Étienne Guenat, délégué syndical CFDT.

Avant un CSE extraordinaire prévu vendredi lors duquel la direction doit détailler les chiffres des suppressions envisagées, le syndicaliste s’attend à « un bras de fer sur le nombre de postes supprimés qu’on conteste ».

– Nombreuses suppressions de postes –

Selon des documents diffusés en amont du CSE, 1.019 suppressions en équivalents temps plein seraient envisagées: sur 2.421 postes il ne resterait que 1.402 emplois d’ici à 2022, selon le syndicaliste.

« On nous promet des postes chez Air France, mais Air France va très mal. On a très très peur », a confié à l’AFP Pauline Polonceau-Duchene, hôtesse de l’air, qui craint, en cas de reclassement, de « repartir à zéro » malgré 13 ans d’ancienneté.

Vers 10H00, les manifestants sont partis en cortège du siège de l’entreprise vers l’aéroport de Nantes-Atlantique.

Frappé par la crise du Covid-19, le groupe Air France compte supprimer plus de 7.500 postes d’ici à la fin 2022 selon sa nouvelle stratégie, dont environ 6.500 au sein de la compagnie tricolore et plus de 1.000 au sein de Hop!.

Manifestation de salariés devant le siège de Hop!, le 30 juillet 2020 à Nantes (AFP – Sebastien SALOM-GOMIS)

Les 7 et 8 juillet, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées à Morlaix devant le site Hop!, ainsi qu’à Lille-Lesquin pour protester contre la fermeture des sites.



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