[Revue de presse] L’Union européenne soutient Hong Kong face à la Chine


Revue de presse
29.07.2020

Mardi 28 juillet, les ministres européens des Affaires étrangères ont formellement adopté une résolution visant à limiter les exportations de certains équipements de surveillance et de répression vers Hong Kong. Une première réponse commune à la nouvelle loi sur la sécurité nationale adoptée par Pékin, menaçant le régime particulier de ce territoire semi-autonome.

Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, a salué les mesures adoptées par les ministres européens des Affaires étrangères à l’égard de la Chine. Ici, à l’occasion du dialogue stratégique avec la Chine le 9 juin – Crédits : Conseil de l’UE

Dans la soirée du mardi 28 juillet, les ministres européens ont adopté une série de mesures « en réponse à une loi de sécurité imposée à Hong Kong par Pékin » entrée en vigueur le 30 juin dernier, rapporte la Deutsche Welle. Si les pays de l’Union ont pris une telle décision, c’est que cette nouvelle législation chinoise « marque la fin de Hong Kong en tant que territoire libre, alors que les libertés individuelles y étaient protégées », explique Le Monde. Le quotidien rappelle que depuis 1997 et sa rétrocession à la Chine, Hong Kong bénéficiait en effet d’un régime dit « un pays, deux systèmes » qui devait s’appliquer pour cinquante ans, soit jusqu’en 2047. Dans ce système, « Hong Kong jouissait, d’une large autonomie par rapport à la Chine continentale dirigée par le Parti communiste chinois, ses habitants bénéficiant notamment de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et d’une justice indépendante« . Or, la loi de sécurité chinoise contrevient largement à ce régime particulier dont jouit Hong Kong.

En réponse à ces dispositions prises par Pékin, la mesure principale adoptée au Conseil mardi soir consiste à limiter les « exportations d’équipements utilisables pour la surveillance et la répression à Hong Kong » pour avoir « un impact sur les exportations d’armes, y compris celles à double usage, civil et militaire », selon les propos du ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, repris par Libération. « Canons à eau, caméras et logiciels de surveillance, ainsi que toute sorte d’armes civiles ou militaires : de tels équipements qui pourraient servir à réprimer des manifestations à Hong Kong ne pourront plus être vendus à l’ex-colonie britannique« , développe RFI. Un autre volet de mesures a été adopté pour soutenir la population de ce territoire semi-autonome, notamment pour lui « permettre de se rendre facilement en Europe grâce à l’octroi de visas, de bourses et d’échanges d’universitaires » [La Libre].

« Le temps de la naïveté est révolu »

A travers la résolution adoptée par le Conseil de l’Union européenne, les Européens ont voulu adresser deux messages forts à Hong Kong et à Pékin. « Premièrement, aux habitants de Hong Kong, [nous avons exprimé] le soutien de l’UE à leur autonomie et à leurs libertés fondamentales (…) Pour la Chine, le message est que les récentes actions changent les règles. Cela nécessitera une révision de notre approche et aura clairement un impact sur nos relations« , a ainsi réagi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell [La Libre]. A l’initiative de la France et de l’Allemagne, cette décision permet désormais à l’UE d’avoir une « boîte à outils commune » à la disposition des Etats membres pour leur permettre de réagir, a déclaré Heiko Maas [Deutsche Welle]. Pour le nouveau secrétaire d’Etat aux Affaires européennes français Clément Beaune, interrogé sur France Inter, cette décision montre qu' »il y a des pistes aujourd’hui au niveau européen pour agir vite, là aussi la bonne réponse ne peut être qu’européenne, c’est comme ça qu’on a de la force et qu’on a de l’impact« .

Moins élogieuse sur l’attitude de l’UE sur ce dossier, La Libre estime que la question de la position à adopter à l’égard de la Chine a donné « du fil à retordre aux Européens, qui voient leurs relations avec la Chine se dégrader, mais peinent à trouver la bonne posture commune à adopter face à ce géant géopolitique« . Les États membres doivent en effet « trouver un équilibre entre les préoccupations commerciales et la résistance à Pékin » [Deutsche Welle]. « On a été très longtemps divisés et faibles. (…) Aujourd’hui ce temps de la naïveté est révolu et je crois qu’on l’a vu au dernier sommet entre l’Union européenne et la Chine au mois de juin, le ton est plus ferme aujourd’hui », a réagi sur ce point Clément Beaune [France Inter].

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Réponse insuffisante

Dans ces nouvelles mesures, la presse allemande déplore néanmoins l’absence de « sanctions économiques ou [d’]éventuelles sanctions contre les politiciens chinois responsables de la nouvelle loi controversée sur la sécurité de Hong Kong« . Par ailleurs, dans de nombreux domaines, « il sera laissé aux États membres le soin de décider si et comment appliquer les mesures« , constate le Süddeutsche Zeitung. « L’UE est donc clairement à la traîne par rapport à l’approche américaine« , jugée  plus « punitive » par Der Spiegel.

La position commune adoptée par les ministres européens exige simplement de l’UE « de contrôler la mise en œuvre de la loi sur la sécurité et d’examiner l’impact de la réponse commune de l’Union d’ici la fin de l’année« , rappelle en effet la Deutsche Welle. « Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont également convenu d’envisager des interventions sur les règles en matière de visas et de migration ainsi que sur les traités d’extradition, comme l’ont déjà fait le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie« , précise toutefois Politico.

 

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