Une militante accuse le président des Jeunes LR de l’avoir agressée


Aurane Reihanian, le président du mouvement de jeunesse du parti Les Républicains, est soupçonné d’avoir agressé une militante en septembre 2017, selon une enquête de « Libération » publiée ce mardi 28 juillet.

Des accusations jugées d’« opportunistes » par le principal intéressé. « Je suis innocent et ne suis en aucun cas l’auteur d’une quelconque infraction », assure Aurane Reihanian dans un communiqué transmis lundi soir à « Libération ». « Cette calomnie menée à mon encontre s’inscrit manifestement dans un objectif de déstabilisation politique, à l’approche de la rentrée des Jeunes Républicains », estime le militant de 27 ans.

Le quotidien a retracé depuis plusieurs mois le déroulement de la soirée durant laquelle les faits se seraient produits.

« D’un coup, il m’a collée contre un mur et embrassée de force »

Le 15 septembre 2017, à La Noche, un bar du centre historique de Nîmes, Aurane Reihanian, le président des « Jeunes avec Wauquiez », organise une soirée pour la feria des vendanges et le lancement de la section gardoise du mouvement, à l’occasion de la campagne pour la présidence du parti Les Républicains. Lucie* étudiante de 21 ans, membre des Jeunes LR de l’Hérault, y est présente avec son petit copain et une amie, Emma*.

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Aurane Reihanian, 24 ans à l’époque, Erik Tegnér et Alexis, un jeune militant LR du Var proche de Tegnér, proposent alors à Lucie et Emma de poursuivre la soirée dans un appartement loué sur Airbnb. « J’avais bu un verre ou deux, Emma avait beaucoup plus bu. J’ai voulu l’accompagner, la chaperonner », raconte Lucie à « Libération ».

Mais sur le chemin, le président du mouvement commence à avoir des gestes déplacés à l’égard de Lucie. « Puis, d’un coup, il m’a collée contre un mur, il m’a embrassée de force et il m’a mis une main aux fesses », se souvient cette dernière. « Je l’ai repoussé et je lui ai dit : Mais qu’est-ce que tu fais ? ». « Tout le monde était très alcoolisé et, dans la rue, il a eu des gestes bizarres avec Lucie », confirme son amie Emma.

Une plainte pour agression sexuelle

Une fois arrivée dans l’appartement, Lucie se rend dans les toilettes attenante à la chambre. « Lorsque j’en sors, Aurane est sur le lit et me demande de venir voir un truc. Je m’approche. Il m’agrippe le poignet, me serre fort. Puis il me dit : Toi, je vais te violer. J’ai attrapé le premier truc qui m’est tombé sous la main. C’était une ceinture. Je l’ai frappé et il m’a lâchée. » « Lucie était en pleurs et très énervée mais, sur le moment, personne n’a réagi », ajoute Emma.

Trois ans plus tard, Erik Tegnér déclare auprès de « Libé » : « Il y a eu un pétage de plombs et Lucie est partie en courant ». Alexis assure quant à lui que les mots « Toi, je vais te violer » ont été prononcés dans la rue, pas dans l’appartement qu’il avait loué.

Aurane Reihanian nie quant à lui catégoriquement les faits auprès de « Libération ». Dans un communiqué, son avocat, Me Robin Binsard, met en parallèle « cette dénonciation tardive de faits prétendument commis en septembre 2017 avec les échéances prochaines du calendrier politique des Jeunes Républicains. »

D’après « Libération », l’histoire de Lucie circule au sein du mouvement, mais cela n’a pas empêché le jeune homme d’être nommé tête de liste LR aux municipales de 2020 à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain. Pendant sa campagne, une plainte pour agression sexuelle a été déposée à son encontre, par une jeune femme de 20 ans. Selon les informations de « Libération », l’enquête préliminaire ouverte par le procureur de la République de l’Ain, Christophe Rode, est toujours en cours.





nouvelobs

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