Qu’est-ce que Parler, le nouveau réseau social prisé par l’extrême droite ?


« Expression libre. Confidentialité des utilisateurs ». Le ton est donné en arrivant sur la plateforme Parler. Avec au passage, un petit tacle à ses concurrents directs Twitter et Facebook, accusés de censure notamment par Donald Trump – ce mardi encore, Twitter a limité les publications du fils aîné du président américain, Donald Trump Jr, pour une publication vantant les bienfaits de l’hydroxychloroquine.

Aux Etats-Unis, Parler était l’application « actualité » la plus téléchargée du mois de juin, selon nos confrères du HuffPost. De l’autre côté de l’Atlantique, depuis plusieurs jours, de nombreuses personnalités françaises proches de l’extrême droite rejoignent la plateforme et en font même la promotion. La dernière en date ? Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen et ancienne députée du Front National.

« Pour contourner la censure de Twitter, beaucoup d’utilisateurs s’inscrivent sur le réseau social http://parler.com. Vous pouvez m’y retrouver », écrit-elle sur son compte Twitter le 22 juillet dernier.

« L’Obs » fait le point sur ce réseau social, qui se positionne comme une alternative à Twitter.

Un réseau social pro-Trump

Créé en 2018 par John Matze, un informaticien américain, Parler est à première vue un réseau social comme un autre. Pour s’inscrire, il suffit de fournir une adresse mail et un numéro de téléphone, avant d’être directement dirigé sur le fil d’actualité. Mais la différence est surtout flagrante quand on regarde de plus près les suggestions de comptes à suivre : @TeamTrump, le fils cadet du président américain @EricTrump, le directeur de campagne du Président @BradParscale, @AlexJones, un complotisme américain d’extrême droite ou encore le sénateur républicain du Texas @TedCruz.

Capture d’écran des suggestions d’abonnements.

Parler est en réalité un réseau social pro-Trump, qui a conquis la droite et l’ultra-droite américaine. Pourtant, John Matze affirme qu’il n’avait pas pour ambition d’en faire un « safe space » pour conservateurs. « Parler n’a pas été conçu pour devenir un truc pro-Trump », se défend le fondateur sur la chaîne américaine CNBC. Il a d’ailleurs même promis une prime de 20 000 dollars à toute personnalité progressiste comptant plus de 50 000 abonnés sur Twitter ou Facebook qui s’inscrirait sur son réseau.

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En France, la plateforme est surtout plébiscitée par les proches du Rassemblement national comme Jean Messiha, Erik Tegner, un des trois organisateurs de la « convention de la droite », Agnès Marion, conseillère régionale en Auvergne-Rhône-Alpes, ou encore les députés européens Jérôme Rivière et Gibert Collard. On croise également de nombreux militants et responsables du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire, qui avaient été bannis de Twitter, ou encore l’identitaire et assistant parlementaire RN Damien Rieu.

Un réseau qui « ne censure pas les idées »

Si le réseau social attire autant, c’est pour sa promesse de « liberté d’expression » selon son fondateur. « Il n’y aura pas de fact-checking. On ne vous dira pas quoi penser et quoi dire. Je pense que c’est tout ce que les gens veulent. C’est ce qu’ils aiment », affirme John Matze au magazine « Forbes ».

« Parler est une plateforme sociale impartiale axée sur le dialogue ouvert et l’engagement des utilisateurs. Nous autorisons la liberté d’expression et ne censurons pas les idées, les partis politiques ou les idéologies. Nous protégeons votre vie privée et ne vendrons jamais vos données personnelles », peut-on lire sur le site internet de la plateforme.

Capture d’écran de la page d’accueil de Parler.

Capture d’écran de la page d’accueil de Parler.

L’application a toutefois défini « des règles de communauté » : les organisations terroristes (reconnues par les Etats-Unis), les propos les soutenant, les menaces de mort, la pornographie ou encore la diffamation y sont notamment interdits. Parler se réserve même le droit de supprimer n’importe quel compte, n’importe quelle publication « à tout moment et pour quelque raison que ce soit », indique le HuffPost américain.

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Pourtant, ces règles n’empêchent pas la publication d’une multitude de propos haineux, racistes et antisémites. Dans les biographies comme dans les posts, les hashtags #WhiteLivesMatter, #LaRacailleTue ou #WhiteGenocide sont très présents. Un montage vidéo de soldats nazis commandés par Hitler accompagné du message : « Il est temps de répliquer », suivi des hashtags #juifs et #BlackLivesMatter, circule même sans problème selon Numerama. On trouve également des appels aux armes pour défendre la nation ainsi que des comptes ouvertement nazis, comme le rapporte « le Monde ».





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