Le brief éco. Le « train des primeurs » va reprendre du service


Un chargement de fruits et légumes mis dans un wagon dans le train Perpignan – Rungis, le 14 mai 2019. (RAYMOND ROIG / AFP)

La ligne qui relie Perpignan au marché de Rungis dans le Val-de-Marne, au sud de Paris, avait été suspendue en juillet 2019 faute de clients. Elle fait partie des autoroutes ferroviaires que le gouvernement entend développer. Renaissance prochaine, peut-être d’ici la fin de l’année.

Quand on se penche sur les déboires de cette ligne, on se dit que le pari est ambitieux. Jusqu’en juillet de l’année dernière, ce train formé de wagons réfrigérés transportait tant bien que mal, chaque nuit, fruits et légumes produits dans les Pyrénées-Orientales vers le marché international de Rungis. Après des années chaotiques, face à la dégradation de l’offre de la SNCF : wagons frigorifiques dégradés, grèves des cheminots à répétition, délais allongés, augmentation des tarifs… les clients avaient fui. 80 camions semi-remorques avaient pris le relais par la route pour acheminer à Rungis la marchandise produite aussi en Espagne et au Maroc.

L’annonce de Jean Castex semble redonner espoir. Mais est-ce que les clients (maraîchers, commerçants, grandes surfaces…) peuvent espérer une amélioration du service ? Tout dépend de la solution qui sera retenue après l’appel à projets qui doit être lancé prochainement. Fin 2019, une nouvelle formule prévoyait de combiner le chargement de caisses de camions (containers), ou des camions entiers, sur des plateaux auxquels seraient ajoutés des wagons frigorifiques, le tout assuré par l’entreprise privée Novatrans et non plus la SNCF. Mais les quais de Rungis n’étant pas adaptés à ce transport combiné, il était prévu de détourner les trains vers une plateforme multimodale toute proche, à Valenton (Val-de-Marne). Ce schéma est-il toujours valable ? La gare de Rungis va-t-elle être modernisée pour retrouver le tracé initial du « train des primeurs » ? Cela reste à éclaircir.

Il va falloir prouver la viabilité du modèle économique. Qu’est-ce qui va convaincre les clients de revenir ? Et puis il va falloir valoriser ce train Perpignan-Rungis dans les deux sens : sud-nord et nord-sud, pour que le convoi ne redescende pas à vide. Sur ces points, Jean Castex n’est pas rentré dans les détails. Ce n’est pas uniquement la rentabilité financière qui est recherchée mais bien un modèle écologiquement vertueux. Entre les annonces et l’application, il reste encore quelques rails à poser.



FranceTVinfo

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