Test Blu-ray : Bad boys for life


États-Unis, Mexique : 2020
Titre original : –
Réalisateur : Adil El Arbi, Bilall Fallah
Scénario : Peter Craig, Joe Carnahan, Chris Bremmer
Acteurs : Will Smith, Martin Lawrence, Paola Nuñez
Éditeur : Sony Pictures
Durée : 2h04
Genre : Action
Date de sortie cinéma : 22 janvier 2020
Date de sortie DVD/BR : 1 juillet 2020

Lorsque le chef impitoyable d’un dangereux cartel de la drogue menace de troubler Miami, Mike Lowery et Marcus Burnett doivent rejoindre une équipe d’élite pour le faire tomber. Will Smith et Martin Lawrence reprennent leurs rôles, 17 ans après Bad Boys II et sont, cette fois-ci, rejoints par Vanessa Hudgens et Alexander Ludwig…

Le film

[3,5/5]

Rien de moins que 25 ans après l’inauguration de la franchise, 17 ans après un Bad boys II ayant durablement redéfini toutes les attentes du spectateur en termes de cinéma d’action, la saga Bad boys revient sur les écrans avec Bad boys for life, toujours avec Will Smith et Martin Lawrence en tête d’affiche. Côté fan service, les deux belges ayant repris la franchise font d’ailleurs preuve d’un grand respect vis à vis du matériau original, puisqu’ils ont été rechercher une partie du cast des deux premiers films : Theresa Randle, Joe Pantoliano, Bianca Bethune et même Dennis Greene dans la peau de Reggie, personnage très secondaire de Bad boys II, puisqu’il était uniquement à l’origine d’une scène « gag » néanmoins mémorable. Cerise sur le gâteau, on aura également droit à une apparition de Michael Bay lui-même dans la peau d’un animateur de mariage.

Bad boys for life est donc réalisé par Adil El Arbi et Bilall Fallah, les deux cinéastes à qui l’on devait l’intéressant Black. Grands fans du style Michael Bay et de la franchise Bad boys, ils se sont appropriés une partie du champ lexical de la saga, reprenant par exemple le fameux plan à 360 degrés au cœur duquel la caméra tourne lentement autour de ses deux personnages en train de se relever, le même que dans le premier film en effet miroir, le personnages regardant en effet du côté gauche de l’écran quand ceux de Bad boys regardaient vers la droite. Une façon élégante de souligner qu’en 1995, Mike et Marcus avaient l’avenir devant eux, alors qu’aujourd’hui, leur regard est d’avantage tourné vers leur passé… Car Will Smith (Mike) a 51 ans, et Martin Lawrence (Marcus) en a 55 – et le moins que l’on puisse dire, c’est que les héros sont fatigués…

D’une façon finalement assez logique, dès les premières minutes de Bad boys for life, on comprend que la mine bouffie de Will Smith et au double-menton de Martin Lawrence que le déluge d’action et les expérimentations visuelles et sonores de Bad boys II ne seront pas à l’ordre du jour. Tant mieux dans un sens, car les deux papys flingueurs n’auraient pas pu suivre le rythme, même si une idée de transmission et de passage de relais vers une équipe de jeunes – étonnamment cohérente et sympathique d’ailleurs – est bien ici à l’ordre du jour. Point non plus de mise en scène en mode trash, de plans séquences décomplexés suivant des trajectoires impossibles, retour à une certaine sobriété, une certaine modestie, qui permettra au climax prenant place au Mexique – et s’imposant comme la seule vraie séquence d’action du film – de se lâcher totalement et de nous proposer un très grand spectacle visuel.

Pour les amateurs de la franchise initiée par Michael Bay il y a 25 ans, Bad boys for life était le film de tous les espoirs et de toutes les craintes. La bande-annonce, qui reprenait au ralenti l’air de la chanson « Bad boys for life » de P. Diddy sur un déluge d’effets pyrotechniques, laissait augurer du meilleur, mais tout le monde était bien conscient que la période actuelle ne permettrait plus de réaliser un blockbuster bête et méchant tel que Bad boys II : Ligues de féministes et associations LGBT auraient en effet tôt fait de faire interdire le film !

De fait, on avouera que côté humour, Bad boys for life lève largement le pied sur tout ce qui pourrait faire polémique, de même qu’il se calme très largement du côté des grossièretés. Le film de ne compte en effet que 43 utilisations du mot « fuck », pour 153 dans Bad boys II. Une trentaine de « shit », trois « Jesus » et trois « Christ », cinq « bitch », 21 « ass » et seulement un « pussy ». Ça lui suffit certes à obtenir une classification « R », mais de notre côté de l’Atlantique, on est quasiment sur un film pour enfants, impression encore renforcée par le côté très « light » des visuels de Miami et sur le fait que Bad boys for life s’avère un véritable « one man show » Martin Lawrence. Si l’on met de côté les joutes verbales entre Will Smith et Charles Melton (beau gosse venu de Riverdale), tous les gags et les punchlines sont portés par le personnage de Martin Lawrence, qui s’offre vraiment ici une publicité grandeur nature dédiée à son talent comique. Ce qui tombe plutôt bien dans l’absolu puisqu’il est en train d’essayer de lancer un reboot de la série ayant fait son succès, Martin (1992-1997).

Côté scénario, la production du film, longue et mouvementée, remonte à 2015 : le talentueux Joe Carnahan devait à la fois écrire et réaliser Bad boys for life. Il quitterait finalement le navire début 2017 pour divergences artistiques l’opposant à Will Smith. Étant donné que Carnahan, réalisateur de Narc et de Mise à prix, est toujours crédité en tant que scénariste, on suppose que seule une partie de son récit a finalement été remanié. Impossible par exemple de ne pas penser que l’inutile « twist » final, qui tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe – ou une couille dans le potage, avec un gros « splosh » sonore – a été rajouté selon la volonté de Will Smith, peut-être à la façon d’une réminiscence de son film précédent, Gemini Man. Joe Carnahan a cependant lâché quelques indices à nos confrères de Collider qui nous permettent par exemple de déterminer que le passage de relais entre l’ancienne et la nouvelle génération était une volonté de sa part. L’idée était donc, comme dans Expendables 3, de passer le flambeau à un « groupe de jeunes fonceurs rappelant les gamins de 21 Jump Street ».

Face aux difficultés du duo d’acteurs principaux d’assumer une bonne scène d’action, cette bande de petits jeunes permettra à Adil El Arbi et Bilall Fallah de donner le change jusqu’à l’impressionnante scène finale. Cependant, on avouera que Bad boys for life fait le taf sans chercher à tromper le spectateur sur la marchandise : le film délivre son quota d’action et de vannes, sans rien de vraiment original ou de vraiment consistant à se mettre sous la dent jusqu’à, allez, une courte mais amusante course-poursuite motos / sidecar à mi-métrage qui permettra cela dit de patienter jusqu’au gros morceau du film, le final dans l’église abandonnée au Mexique. Ce dernier nous offrira d’ailleurs le quota de fun et de frissons de plaisir attendus, amplifiés il faut l’avouer tout au long du métrage par le talent de formalistes des deux cinéastes belges, qui sont suffisamment malins pour imposer des plans tantôt efficaces et très solides (l’arrivée de l’hélico durant la scène du side-car, le plan sur un Will Smith enchaînant trois mecs à la John Wick pendant la scène du garage), tantôt vraiment bien vus et innovants, avec notamment « LE » plan du film, du jamais vu, qui vaut à lui seul la découverte de Bad boys for life avec le personnage de Rita (Paola Núñez) qui tire vers le plafond avec la caméra qui pivote à 90 degrés. Un plan qui a méchamment de la gueule et qui fait plaisir, tout comme le recours « raisonnable » aux effets spéciaux numériques, le film marquant une nette préférence pour les effets réalisés à même le plateau.

Au final, Bad boys for life s’avère donc un film sympathique, un bon petit actioner des familles qui devrait satisfaire tout le monde, et ce que vous aimiez ou pas les deux opus inauguraux mis en scène par Michael Bay. Pourtant, au regard des deux personnages principaux du film, et de leur statut de héros fatigués passant le relais à une équipe plus jeune, on se prendrait presque à espérer qu’il s’agisse là réellement du dernier épisode de la saga Bad boys. Si le leitmotiv des dialogues du film, « One last time », semble clairement indiquer qu’il s’agira du dernier film de la franchise. Cependant, le succès de cet opus (417 millions de dollars au box-office, 1,7 millions d’entrées en France malgré une interruption liée à la crise du Covid-19) laisse à penser que Bad boys for life ne sera pas forcément le tout dernier. Ainsi, un quatrième opus est à priori d’ores et déjà dans les tuyaux, les rumeurs allant bon train quant au grand retour de Michael Bay derrière la caméra…

Le Blu-ray

[4/5]

C’est Sony Pictures qui nous propose aujourd’hui de (re)découvrir Bad boys for life sur support Blu-ray, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’éditeur a plutôt soigné sa copie : le résultat est superbe, définition au taquet, piqué d’une précision redoutable, couleurs éclatantes de naturel… Les scènes nocturnes, nombreuses et explosives (les meilleures scènes d’action du film se déroulent de nuit), ne marquent par ailleurs aucune baisse de définition – on est vraiment en présence d’un superbe Blu-ray, imposant un boulot technique tout simplement exceptionnel. Même constat d’excellence pour les pistes son, toutes deux mixées en DTS-HD Master Audio 5.1 et s’imposent sans peine par leur dynamisme de tous les instants, proposant des effets parfois surprenants et spatialisés du tonnerre, dont l’impact est encore renforcé par un caisson de basses carrément survitanimé. La répartition et le placement des voix est très subtil et le tout délivre une parfaite efficacité, c’est superbe. Très légèrement en retrait par rapport à sa grande sœur, la version française a un peu de mal à tenir la distance en comparaison, mais parvient néanmoins à nous proposer une immersion folle.

Du côté des suppléments, on trouvera l’habituelle profusion de suppléments propres aux Blu-ray édités par Sony Pictures depuis des années. L’ensemble est certes très consensuel et orienté « promo » (on n’y évoquera jamais ni les problèmes de production du film, ni le départ de Joe Carnahan pour « divergences artistiques »), mais dans l’ensemble plutôt complet et informatif. On commencera avec les traditionnelles scènes coupées (8 minutes), qui n’apportent guère d’éléments nouveaux à l’histoire et ont probablement été coupées pour des questions de rythme. On notera cela dit la présence d’une fin alternative assez intéressante. Le bêtisier (3 minutes) ne nous apportera en revanche pas réellement les fous-rires communicatifs que l’on aurait espérés. On continuera ensuite avec un making-of (14 minutes), qui reviendra sur le casting du film, sur l’alchimie entre Will Smith et Martin Lawrence, sur les lieux, l’action et l’humour, le scénario ou encore l’implication des réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah. On reviendra ensuite sur la franchise dans sa globalité dans une featurette intitulée « Il est temps » (7 minutes), qui explorera les relations entre les personnages de Mike et Marcus, sur les histoires et le style des deux premiers films, en mode nostalgie. Le module intitulé « Complices », découpé en trois parties, reviendra tout d’abord sur la team de jeunes flics épaulant Marcus et Mike (6 minutes), sur les méchants hauts en couleurs de cet épisode (6 minutes) et enfin sur le duo de réalisateurs du film (4 minutes). On continuera ensuite avec un sujet dédié aux cascades du film (9 minutes), puis sur les « easter eggs », clins d’yeux ou références que fait Bad boys for life aux deux premiers opus de la saga. Enfin, on terminera avec une (fausse) audition de Stephen A. Smith, personnalité de la TV sportive américaine.



Critique film

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