« C’est formidable sur le papier. Reste à savoir ce que ça recouvre », juge Corinne Lepage



Alors que le ministre de l’Économie, Bruno Lemaire, promet un plan de relance « vert », Corinne Lepage s’étonne de n’avoir « quasiment pas entendu parler des énergies renouvelables » de la part du gouvernement.

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« C’est formidable sur le papier. Reste à savoir ce que ça recouvre », a réagi dimanche 26 juillet sur franceinfo Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’Environnement, alors que le ministre de l’Economie a annoncé dans le Journal du dimanche que 30 milliards d’euros devraient être consacrés à la transition écologique. « Le plan de relance sera un plan vert », a affirmé Bruno le Maire.

« Sur quoi vont aller ces 30 milliards ? », s’interroge Corinne Lepage. Ces investissements sont « soumis à deux conditions », estime l’ancienne ministre de l’Environnement. « La première, c’est qu’il n’ y ait pas, dans le même temps, des investissements contreproductifs, qui se font dans le fossile par exemple, et d’autre part, que les investissements soient bien choisis. »

L’avocate s’étonne de n’avoir « quasiment pas entendu parler des énergies renouvelables ». Corinne Lepage regrette également que la question de « l’autoconsommation collective » – le fait de permettre aux concitoyens, aux communes ou aux entreprises d’installer des énergies décentralisées chez eux – n’est pas été évoquée. Cette autoconsommation collective permettrait selon elle « d’assurer l’autonomie énergétique, de baisser le coût de l’énergie et de développer l’activité économique locale ».

Le conseil de défense écologique, qui va se tenir lundi 27 juillet à l’Elysée, doit concrétiser les propositions de la Convention citoyenne sur le climat. Corinne Lepage « espère » que ce conseil ne va pas « détricoter » les idées des 150 citoyens. « Quelles sont réellement les mesures qui vont être retenues et quel va être leur impact ? », se demande l’ancienne ministre. Elle estime que les propositions forment « un tout ».

Plus généralement, Corinne Lepage estime qu’il y a « un manque de cohérence » dans les décisions gouvernementales. « Comment est-ce que vous pouvez encourager des nouvelles autoroutes, et dans le même temps, dire que nous investissons massivement pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Ce n’est pas possible, juge-t-elle. 

Comment pouvez-vous dire que l’on va favoriser l’agriculture biologique et locale et dans le même temps, refuser d’agir contre les pesticides ? Et pendant ce temps-là, on continue scientifiquement à détricoter le droit de l’environnement.Corinne Lepage, avocate spécialisée dans le droit de l’environnmentà franceinfo

Corinne Lepage plaide pour « plus de démocratie participative », car « la transition, elle ne se fait pas contre nos concitoyens, elle se fait avec eux ». L’avocate spécialisée dans le droit de l’environnement souhaite également « mettre le paquet sur les énergies renouvelables ». Elle craint notamment que, dans les investissements futurs, « il y ait encore des milliards d’euros pour le nucléaire ».

« Continuer à mettre des dizaines de milliards d’euros dans une industrie qui est une industrie du 20e siècle et pas du 21e, pour laquelle nous ne vendons rien à l’extérieur et qui est en train de nous ruiner, au lieu de mettre tout cet argent dans le développement du renouvelable et du développement économique des territoires, c’est une hérésie. », s’insurge l’ancienne ministre.

Corinne Lepage reconnaît que l’on ne peut pas se passer du nucléaire « dans l’immédiat ». Elle donne « entièrement raison » à Barbara Pompili « qui a dit très récemment que d’ici 2035, il faudrait choisir où le nucléaire ou le renouvelable ».

Il faut massivement investir dans le renouvelable pour lui permettre de contre contrebalancer la baisse du nucléaireCorinne Lepageà franceinfo

Dans le Journal du dimanche, Bruno Le Maire a déclaré que ce plan, doté de 100 milliards d’euros, présenté le 24 août en Conseil des ministres, veillera dans son ensemble à favoriser la décarbonation de l’économie.



FranceTVinfo

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