« Un exemple pour Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti », estime Alice Coffin conseillère EELV de Paris



Accusé d’avoir soutenu Gabriel Matzneff, Christophe Girard a démissionné de son poste d’adjoint à la culture de la mairie de Paris sous la pression de militantes féministes et d’élus écologistes.

« Il y a une émotion, je dis bravo aux militantes féministes qui se sont mobilisées, bravo aux élus écologistes. Ce que j’espère c’est que Christophe Girard va donner un exemple à des gens comme Gérald Darmarnin et Eric Dupond-Moretti pour que les responsables politiques comprennent que ça ne va pas s’arrêter », s’est réjouie jeudi 23 juillet sur franceinfo Alice Coffin, conseillère de Paris, pour le groupe EELV, après la démission de l’adjoint à la culture d’Anne Hidalgo.

Elle faisait partie des militantes féministes et élus écologistes qui ont manifesté jeudi devant l’hôtel de ville pour réclamer la démission de Christophe Girard  en raison de ses liens et de ses agissements auprès de Gabriel Matzneff. Les enquêteurs ont interrogé en mars M. Girard, secrétaire général de la Maison Yves-Saint Laurent entre 1986 et 1987, structure qui a apporté un soutien financier à l’écrivain Gabriel Matzneff dans les années 80, selon plusieurs récits. L’écrivain est visé par une enquête pour « viols sur mineurs » ouverte par le parquet de Paris après la publication en janvier du roman autobiographique de Vanessa Springora dans lequel elle décrit la relation sous emprise qu’elle a entretenue lorsqu’elle était mineure avec l’écrivain et qui l’a dévastée.

Alice Coffin reconnaît que la « situation de ces trois hommes [Christophe Girard, Gérald Darmarnin et Eric Dupond-Moretti] est différente », mais selon elle « le point commun c’est la responsabilité des hommes politiques qui les mettent en place et qui ne comprennent pas le message qui est renvoyé », a-t-elle dénoncé, « on est trois ans après #MeToo, on est quelques mois après la terrible cérémonie des Césars », a-t-elle argumenté.

Tant mieux si les combats marchent, ça ne va pas marcher tout le temps, mais on va continuer sur d’autres plans car il y a encore de nombreux cas à régler.Alice Coffin, conseillère EELV de Parisà franceinfo

Il y a de la satisfaction, c‘est beaucoup d’émotion surtout parce que je ne suis pas sûr que tout le monde réalise à quel point les combats féministes, c’est dur. En face de nous, ce ne sont pas des gentils-gentils. C’est très compliqué de faire aboutir un tel combat et on le voit depuis quelques jours, quelques semaines dans le milieu politique français on piétine beaucoup les revendications féministes au niveau du gouvernement et jusqu’à cet après-midi à la mairie de Paris », a-t-elle expliqué.

« Je suis écœurée. Dans quelle démocratie vivons-nous où le droit est piétiné par la rumeur, les amalgames et les soupçons ? », a écrit ce jeudi sur Twitter la maire de Paris après la démission de son adjoint à la Culture, « tout mon soutien à mon ami Christophe Girard », a-t-elle ajouté.

Mais pour Alice Coffin le combat féministe ne piétine aucunement la présomption d’innocence car « s’il y a un pouvoir oppressif ce n’est pas celui des féministes, c’est celui des hommes dans ce pays. On vit sous un régime au quotidien où il y a une guerre, une oppression permanente qui s’exerce contre les femmes par des violences sexistes, de tous ordres, c’est cela la réalité », a insisté la conseillère écologiste de Paris.





francetvinfo

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