Sur la plage de Lacanau, Gabriel Attal prône le « test en tongs »



« On a trouvé un os à ronger pour le jeune Gabriel ?». En sortant de l’Elysée mercredi, Jean Castex s’était laissé surprendre : une note qu’il avait sous le bras, zoomée par les photographes, trahissait une question soumise au Premier ministre : le nouveau porte-parole de son gouvernement, Gabriel Attal, devait-il hériter d’un dossier en plus de ses attributions, alors que l’annonce des derniers secrétaires d’Etat se fait encore attendre ? Ce jeudi, « le jeune Gabriel » n’a pas attendu la réponse pour s’emparer d’un « os à ronger », et pas n’importe lequel : la Covid-19. A l’heure des vacances, comment inciter les Français, inquiets d’une possible deuxième vague de l’épidémie, à rester vigilants tout en les rassurant et en montrant que les autorités ont l’affaire en main ?

Le porte-parole avait pour cela choisi une région épargnée jusqu’ici et qui s’inquiète aujourd’hui : la Gironde. Actuellement, 14 clusters y sont « actifs », selon l’Agence régionale de santé (ARS). Sept proviennent de fêtes privées ou familiales, dont l’une a vu 31 de ses participants infectés. Notamment des 15-45 ans. Autant de cas surveillés comme le lait sur le feu : « J’ai l’habitude de dire qu’on saute sur Kolwezi : dès les premiers cas, il faut qu’on y soit, dit Michel Laforcade, le patron de l’ARS Nouvelle Aquitaine. Si on perd quelques heures, ça peut nous échapper ».

Malgré le spectre du Covid, la fête coûte que coûte

Pour maîtriser le virus, la région a installé 63 points de dépistages sur le littoral. Comme celui de Lacanau : sous des tentes, au bord de la plage de surfeurs, habitants ou vacanciers peuvent se faire tester sans ordonnance. Le jour de l’ouverture, 51 personnes sont déjà venues, et ce jeudi la file est encore longue. Preuve que les Français sont demandeurs. « Le message, c’est venez-vous faire tester en tongs ! », dit Gabriel Attal, confirmant que l’idée n’est plus désormais de réserver les tests qu’aux symptomatiques ou aux cas contacts. Mais le gouvernement a-t-il les moyens de tester massivement ? Au niveau national, le porte-parole du gouvernement indique que « 380 000 tests » ont été effectués la semaine dernière, que la capacité est de 700 000 mais il reconnaît que certains laboratoires, notamment en Ile-de-France, manquent de bras. De nouvelles mesures devraient les soulager. Et ce dispositif de test, qui existe aussi à Paris Plage par exemple, doit être développé dans plusieurs endroits.

L’épineux cas des frontières

Autre sujet sur la table du gouvernement : les frontières. Faut-il durcir les règles dans les aéroports ? Pour l’instant, les passagers venant de zones rouges, autrement dit de pays où le virus circule activement, sont censés se faire tester 72 heures avant d’embarquer. A défaut, ils doivent l’être à leur arrivée à l’aéroport en France et invités à respecter une quatorzaine. Un Conseil de défense organisé vendredi 24 juillet à l’Elysée doit préciser le dispositif. Pour l’heure, pas question de fermer des frontières. Mais si l’épidémie reprenait vraiment ? Rien n’est inenvisageable, la crise a appris à tout le monde à rester prudent, rappelle le porte-parole.

Pour éviter une reprise épidémique, le gouvernement table aussi sur le port du masque désormais obligatoire dans les lieux clos. Il n’entend pas les rendre gratuits pour tous – « aucun pays ne le fait » – mais 40 millions de masques vont être envoyés aux 7 millions de Français les plus fragiles. Illustration : à Bordeaux, dans un centre pour familles en difficultés, prises en charge par le 115, le secrétaire d’Etat a distribué des kits à des mères seules. Des masques lavables jusqu’à 50 fois. De quoi tenir quelques mois.





nouvelobs

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