Pékin réplique à Washington et ferme un consulat américain, sur fond d’accusations d’espionnage


Les représailles n’en finissent pas. Trois jours après la décision de Washington de fermer le consulat chinois de Houston, Pékin a ordonné ce vendredi 24 juillet une mesure similaire à propos d’un consulat américain à Chengdu, grande ville du sud-ouest de la Chine. Depuis mercredi dernier, les deux puissances s’affrontent sur fond d’accusations d’espionnage.

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Cette dernière demande du ministère chinois des Affaires étrangères provoque un nouveau rebondissement dans la confrontation entre les deux géants du Pacifique, marquée par une escalade sans précédent. Dans un communiqué, le ministère précise que sa décision constitue « une réponse légitime et nécessaire aux mesures déraisonnables des Etats-Unis ».

Le porte-parole de la diplomatie chinoise Wang Wenbin a également accusé devant la presse certains Américains du consulat de mettre en danger « la sécurité et les intérêts chinois » :

« Certains employés du consulat des Etats-Unis à Chengdu se sont livrés à des activités sortant de leurs attributions, ils se sont ingérés dans les affaires intérieures de la Chine […] »

« Vol de propriété intellectuelle »

Jeudi 23 juillet, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo déclarait que le consulat de Chine à Houston était une plaque tournante de « l’espionnage » chinois et « du vol de propriété intellectuelle » américaine.

Une sanction américaine était par ailleurs tombée quelques heures après l’annonce de l’inculpation de deux ressortissants chinois, accusés de piratage informatique. Ils auraient notamment cherché à récupérer les données de recherches américaines sur un vaccin contre le Covid-19.

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La diplomatie chinoise n’a pas précisé dans quel délai le consulat américain devait fermer ses portes, alors que l’administration Trump n’a donné que 72 heures aux diplomates chinois pour plier bagage et quitter le consulat de Houston.

« La situation présente des relations sino-américaines ne correspond pas aux souhaits de la Chine et les Etats-Unis en sont entièrement responsables », a dénoncé le communiqué de Pékin, appelant Washington à « créer les conditions nécessaires pour que les relations bilatérales retournent à la normale ».

Des soupçons aux sanctions

La tension sino-américaine, déjà alimentée par les différends commerciaux et les accusations mutuelles sur l’origine du Covid-19, est montée d’un cran ces dernières semaines avec l’instauration par Pékin d’une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, entraînant des avertissements de la part de Washington.

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Les deux pays ont également pris des sanctions réciproques au sujet du Xinjiang, les Etats-Unis accusant Pékin de violer les droits de l’Homme à l’encontre de l’ethnie musulmane ouïghoure.

Attisant encore plus ces tensions, Mike Pompeo a appelé jeudi 23 juillet « le monde libre » à « triompher » de la « nouvelle tyrannie » incarnée selon lui par la Chine communiste. Autre signe de la méfiance ambiante, la police américaine soupçonne une chercheuse chinoise, accusée d’avoir dissimulé ses liens avec l’armée, de s’être réfugiée au consulat de Chine à San Francisco afin d’échapper à son arrestation.





nouvelobs

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