Le Ghana, terre promise de la diaspora africaine



Un large tatouage barre le cou de Yaneir : WILD. Un mot, « sauvage », qui tranche avec le cœur gravé sur son front et les étoiles sur ses pommettes. Gaillard massif de 1,90 mètre, tout en muscles, tatoué de la tête aux pieds, piercing doré entre les narines, cet Afro-Américain n’est pas du genre à se laisser impressionner.

Mais, depuis Los Angeles, à l’évocation des violences policières et du racisme dont sont victimes les Noirs aux Etats-Unis, sa carapace se fissure. Il raconte :

« La mort du “frère Floyd” [un homme noir étouffé par un policier blanc lors d’une interpellation à Minneapolis le 25 mai, NDLR] n’était rien de plus qu’un lynchage moderne. Je vis dans un état de paranoïa. On ne sait jamais qui sera le prochain Noir tué par la police. Ça peut être moi. Je viens du Sud, en Caroline du Nord, je suis habitué à la violence des autorités blanches. Mais cette violence s’est étendue à tout le pays. Il n’y a plus aucun lieu sûr. »

Ce vétéran de l’armée américaine, aujourd’hui artiste, ne voit qu’une seule solution : quitter les Etats-Unis pour se réfugier sur le continent africain.

Son désir d’Afrique s’est fixé sur le Ghana. Il n’y a pourtant jamais mis les pieds. Ni dans ce pays ni sur aucun autre du continent africain.

Enfant d’une famille défavorisée de Rockingham, un patelin rural de 9 000 habitants dans le sud-est de la Caroline du Nord, Yaneir a entendu parler du Ghana, pour la première fois, lorsqu’il était étudiant à l’université, lors de conversations avec son colocat





nouvelobs

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