Christophe Girard quitte son poste d’adjoint à la mairie de Paris face à la polémique Matzneff


Adjoint historique à la Culture de la mairie de Paris, Christophe Girard, qui avait été nommé par Bertrand Delanoë en 2001 puis renommé par Anne Hidalgo à trois reprises, annonce ce jeudi 23 juillet à l’AFP qu’il quitte son poste face à la polémique entourant son rôle dans l’affaire Matzneff.

Les écolos veulent son départ : pourquoi l’adjoint d’Hidalgo Christophe Girard est cité dans l’affaire Matzneff

Christophe Girard dit avoir remis sa démission ce jeudi, après des attaques d’élus écologistes à la suite de son audition en mars dans l’enquête « pour viols sur mineurs » visant Gabriel Matzneff.

« Nullement envie de pourrir ma vie »

« J’ai 64 ans, une vie de famille épanouie et de nombreux engagements culturels, politiques et associatifs, et n’ai nullement envie de pourrir ma vie plus longtemps et de m’emmerder à me justifier en permanence pour quelque chose qui n’existe pas », écrit-il dans un communiqué.

Des élus écologistes et des féministes demandaient depuis plusieurs jours sa suspension et l’ouverture d’une enquête interne à la Ville de Paris, estimant que Christophe Girard devait s’expliquer sur ses liens et agissements auprès de Gabriel Matzneff.

« Dans le climat délétère général […] où l’on piétine notre droit et le Code pénal, et même si la manifestation de ce jour contre moi n’a rassemblé qu’une vingtaine de personnes, la première de mes priorités est qu’Anne Hidalgo, brillamment réélue maire de Paris, puisse exercer son mandat sereinement ».

La maire de Paris Anne Hidalgo « prend acte de cette démission », « salue cette décision courageuse » et « lui renouvelle toute son amitié », selon son entourage interrogé par l’AFP.

L’élu du 18e arrondissement reste conseiller de Paris, affirme une nouvelle fois soutenir « plus que jamais la lutte contre les discriminations, le racisme, l’antisémitisme, la misogynie, l’homophobie et la misandrie ». Il précise par ailleurs maintenir sa plainte pour diffamation.

Interrogé en mars par les enquêteurs

« Déni à la mairie de Paris », « Girard Démission », « Anne t’es sérieuse ? »: armés de pancartes et de slogans, plusieurs dizaines de militants et élus avaient manifesté plus tôt dans la journée sous les fenêtres de l’Hôtel de Ville, où se tenait le premier conseil de Paris de la mandature.

« Il ne suffit pas d’avoir un casier judiciaire vierge pour être adjoint à la mairie de Paris, il faut aussi des qualités éthiques et morales, le soutien à Gabriel Matzneff disqualifie Christophe Girard pour ce genre de responsabilités », avait déclaré lors de ce rassemblement l’élue écologiste Raphaëlle Rémy-Leleu.

Les enquêteurs ont interrogé en mars Christophe Girard, secrétaire général de la Maison Yves-Saint Laurent entre 1986 et 1987, structure qui a apporté un soutien financier à l’écrivain Gabriel Matzneff dans les années 1980, selon plusieurs récits.

L’écrivain est visé par une enquête pour « viols sur mineurs » ouverte par le parquet de Paris après la publication en janvier du roman autobiographique de Vanessa Springora dans lequel elle décrit la relation sous emprise qu’elle a entretenue, lorsqu’elle était mineure, avec l’écrivain.





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire