Trump change de ton et reconnaît la gravité de l’épidémie de coronavirus aux Etats-Unis


A la peine dans les sondages à bientôt cent jours de la présidentielle, critiqué pour sa gestion du coronavirus, Donald Trump a tenté mardi 21 juillet de reprendre la main en reconnaissant la gravité de la crise sanitaire.

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« Cela va sûrement, malheureusement, empirer avant de s’améliorer. Je n’aime pas dire ça mais c’est comme ça », a déclaré le président des Etats-Unis à la Maison-Blanche, où il a renoué pour la première fois depuis fin avril avec les conférences de presse sur le Covid-19, appelées à redevenir régulières, comme au plus fort de la pandémie. Seul face aux journalistes et sans son respecté conseiller en immunologie Anthony Fauci qu’il a accusé d’être trop « alarmiste », Donald Trump est resté relativement sobre.

« Ces dernières semaines, nous avons observé une hausse inquiétante des cas dans de nombreuses régions de notre Sud », a-t-il ajouté, évoquant de « gros incendies » et même une « situation très difficile » en Floride, un Etat gouverné par un de ses proches alliés où il a prévu de tenir dans un mois la convention censée lancer la dernière ligne droite de sa campagne.

« Portez un masque » et « évitez les bars bondés »

Jusqu’ici, Donald Trump avait tenté coûte que coûte de tourner la page du Covid-19. Pressé de relancer l’économie ainsi que sa campagne pour la présidentielle du 3 novembre, il avait été accusé d’être dans le déni face à la flambée du coronavirus.

Pendant ce temps-là, son adversaire démocrate Joe Biden, qui ne se déplace pourtant que précautionneusement sur le terrain, est considéré comme plus compétent pour faire face aux multiples crises que traversent les Etats-Unis, et creuse l’écart dans les sondages.

Changement de stratégie donc pour le président. Donald Trump a ainsi pour la première fois clairement recommandé le port du masque. « Nous demandons à tout le monde de porter un masque quand la distanciation physique n’est pas possible », a-t-il lancé, sortant de sa poche sa propre protection, qu’il n’a pourtant portée en public qu’une fois, le 11 juillet, soit plusieurs mois après le début de la pandémie.

« Que vous aimiez les masques ou pas, ils ont un impact », a-t-il plaidé, alors qu’il est accusé d’avoir lui-même attisé les braises de la résistance en défendant jusqu’ici la « liberté » individuelle en la matière. Il est même allé jusqu’à « implorer » les jeunes d’« éviter les bars bondés », un ton alarmiste abandonné depuis plusieurs semaines.

Après une amélioration vers la fin du printemps, l’épidémie a repris de plus belle dans le pays, déjà le plus endeuillé au monde avec 141 800 morts. Le nombre de cas explose : plus de 60 000 par jour depuis une semaine, pour un total de 3,88 millions depuis le début de la pandémie. Les décès quotidiens sont aussi repartis à la hausse, avec plus de 700 par jour en moyenne.





nouvelobs

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