A Tours, le mini-Congrès des maires roses et verts



Ils sont tous venus ou presque. Et semblent ravis de se retrouver ou se rencontrer enfin, en vrai. Trois semaines après la vague verte qui a déferlé sur les grandes villes françaises aux élections municipales, les nouveaux maires écolos et plusieurs maires socialistes se sont réunis à Tours pour lancer un nouveau réseau d’élus. « L’idée est de synchroniser nos actions, d’aboutir à une clarification politique sur la question écolo et de peser nationalement », explique Eric Piolle, le maire EELV de Grenoble, l’un des artisans de ce nouveau réseau avec Anne Hidalgo.

Derrière la maire de Paris, qui a aimanté tous les regards, il y avait d’autres élus socialistes comme la maire de Rennes Nathalie Appéré, la maire de Nantes Johanna Roland, ainsi que les nouveaux élus, le Montpelliérain Mickael Delafosse et le Nancéien Mathieu Klein. Leur point commun : ils ont fait campagne et gagné leur mairie sur une ligne très écolo. Côté EELV, le maire de Tours Emmanuel Denis a accueilli ses alter ego de Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Colombes ainsi que le président de la métropole de Lyon, Bruno Bernard.

Radicaux ou pragmatiques : qui sont les nouveaux maires écolos ?

Entre tous ces élus, qu’ils soient novices ou chevronnés, c’était une première réunion physique qui en appelle d’autres. Au cours de ce premier tour de table, chacun s’est présenté et a donné les grandes lignes de l’action qu’il entend mener dans sa ville. « On a balayé des sujets très larges », raconte Emmanuel Denis. Interdiction des pesticides, lutte contre la pollution, nouvelles mobilités, alimentation bio dans les cantines scolaires ou encore refus de la 5G… Des sujets concrets sur lesquels les maires ont des leviers et sont attendus au tournant. « Nous voulons parler d’une même voix pour peser et s’inspirer les uns des autres », poursuit le maire de Tours. « Strasbourg a été très en avance en matière de pistes cyclables, alors qu’ici le réseau reste à faire. Grenoble a été pionnier sur la réduction de la publicité. Nantes sur le bio dans les cantines, Rennes sur la lutte contre la spéculation sur les prix des loyers…. »

« Chacun avait sa fraîcheur, ça respirait l’incarnation du mouvement qui s’est levé aux municipales », analyse le sénateur PS David Assouline, qui accompagnait la maire de Paris. Mais au-delà de l’action locale, cette alliance territoriale préfigure-t-elle une union entre écolos et socialistes en vue de la prochaine présidentielle ? La question est prématurée dit-on à Tours… mais déjà dans toutes les têtes.

L’hypothèse Hidalgo 2022

Chez les écolos, notamment parmi les proches de Yannick Jadot, l’initiative est vue comme une possible rampe de lancement pour la maire de Paris Anne Hidalgo qui vient d’être réélue dans un fauteuil. Si l’élue parisienne a déjà dit qu’elle ne serait pas candidate en 2022, elle songe aussi à transformer son association de campagne « Paris en commun » en une structure politique intégrant d’autres municipalités. Et certains y voient la preuve qu’elle ne ferme pas totalement la porte. « Ce n’est pas la question du moment. Je ne roule pas pour Anne Hidalgo, ni contre elle, répond Eric Piolle, qui rêve lui aussi d’Elysée. Nous avons pris cette initiative ensemble car nous pensons que nos villes en ont besoin. »

En attendant, des groupes de travail seront bientôt formés, des appels communs lancés et d’autres réunions similaires organisées entre les élus. Emmanuel Denis, le maire écolo de Tours, a déjà relancé une invitation à un temps fort à la fin de l’année. Une manière de commémorer le fameux congrès de Tours de décembre 1920 qui avait abouti a la scission de la SFIO et marqué durablement la gauche française. Un siècle plus tard, l’élu ose rêver d’un « Congrès de Tours à l’envers »…





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire