[L’Europe en région] En Guyane, l’Union européenne finance l’accès à la formation numérique pour tous



Actualité


20.07.2020

Agnès Faure

Conçu par l’association Manifact pour permettre à l’ensemble de la population guyanaise de maîtriser les nouvelles technologies, le laboratoire de fabrication KazLab a vu le jour en 2016. Sa dimension innovante et sociale lui a permis de recevoir le soutien de l’Union européenne.

Situé à l’ouest de la Guyane, la Kazlab est un lieu de découverte et d’appropriation du numérique. Crédits : L’Europe s’engage en France

En montant la Kazlab en 2016, l’association Manifact voulait répondre à une problématique majeure guyanaise : malgré un fort potentiel en matière d’innovation, « beaucoup trop de jeunes Guyanais […] peinent à trouver leur vocation« . A l’origine du problème, selon l’association, « le manque de ressources techniques ou de matériel » déploré sur le territoire, menant à des situations rarement optimales. « Les compétences présentes sont nombreuses mais rarement mutualisées et il existe peu de lieux permettant des rencontres, des formations pratiques et des échanges inter-disciplinaires« . Un problème que le co-fondateur et directeur de l’association Rudi Floquet, espère résoudre en faisant vivre ce lieu destiné à offrir à tous « un accès aux connaissances scientifiques, numériques, artisanales avec toujours l’idée de se servir de ces outils intellectuels pour fabriquer« , expliquait-il en juin dernier au magazine des cultures digitales.

Egalité d’accès au numérique

Il y a quatre ans, l’association a donc ouvert la KazLab au grand public afin de permettre à ses visiteurs de « découvrir et s’approprier le numérique » à travers différentes activités encadrées par des professionnels. « Nous avons développé une multitude d’actions pour arriver à avoir un public métissé dans tous les sens du terme, et nos activités sont diversifiées : animation, organisme de formations pour tous les niveaux […] et accompagnement de projets« , explique son directeur.

Le panel de formations proposées est effectivement très large. De la délivrance d’une certification du MIT à l’accompagnement des jeunes déscolarisés en passant par l’accompagnement de projets, tous les profils peuvent y trouver leur compte. Et si l’épidémie de coronavirus, encore très vivace en Guyane, a temporairement contraint la Kazlab à fermer l’accès au public, son équipe a su s’adapter à la situation. Elle apporte depuis son soutien technique aux hôpitaux guyanais en produisant « des visières de protection pour le personnel soignant« , a fait savoir l’association sur son site internet.

Ce récent exemple illustre bien la philosophie de la Kazlab, qui consiste à s’appuyer sur les ressources locales pour promouvoir la cohésion sociale tout en soutenant l’innovation. Une approche qui lui a valu de bénéficier de financements européens dès 2015. Et pour cause, la stratégie recherche et innovation établie conjointement par l’UE et la Guyane s’inscrit exactement dans cette optique. « Je pense que sans ces fonds européens, le projet n’aurait tout simplement pas pu voir le jour« , résume Lauriane Abriat, alors coordinatrice du projet « culture scientifique en Guyane » qui s’occupe de son suivi administratif.

L’Union européenne finance ainsi 350 000 des 850 000 € du projet (soit près de 40% des coûts), dans le cadre de sa politique de cohésion. Celle-ci vise à réduire les inégalités de développement entre les régions et s’appuie notamment sur plusieurs programmes de financement, dont le FEDER (Fonds européen de développement régional). Il permet notamment de financer « l’innovation et l’économie de la connaissance ». Deux missions que la KazLab s’attache à remplir depuis 2016.



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