Eric Dupond-Moretti dit être « féministe ». Vraiment ?


« Je suis féministe. » C’est ainsi le nouveau ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti s’est lui-même décrit lors de son passagesur le plateau du journal télévisé de 20 heures sur France 2 dimanche 19 juillet. Interrogé sur les contestations exprimées par des militantes féministes à la suite de sa nomination au gouvernement, l’ancien avocat a plaidé sa propre cause :

« J’ai dit que j’étais pour une égalité absolue des droits des hommes et des droits des femmes et notamment sur le domaine salarial, et sur cette question, je suis féministe et je le dis, sans avoir à rougir, je suis féministe. »

De nombreuses voix féministes reprochent néanmoins au nouveau locataire de la place Vendôme d’avoir, dans un passé récent, prononcé des déclarations controversées qui n’allaient pas dans le sens des droits des femmes.

Regardez :

Comme en 2018, lorsqu’il s’élevait contre les amendes sanctionnant les sifflements dans l’espace public. C’était l’une des mesures de la loi contre le harcèlement sexiste dans la rue et les transports portée par… celle qui est aujourd’hui sa collègue au gouvernement, Marlène Schiappa. Voici ce qu’en disait alors Eric Dupond-Moretti sur l’antenne de CNews :

« Il y a de vrais combats et de vraies conneries. Vrai combat, par exemple : le combat pour l’égalité des salaires. Mais infliger 90 euros d’amende à un type qui siffle une fille dans la rue… (…) Ça coûte 90 balles ? Ça, ça doit être réglé par la bienséance, pas par la loi ! »

L’avocat a également rapporté ceci :

« Il y a une très vieille dame qui m’a dit : ’Moi, je regrette de ne plus être sifflée’»Les méthodes borderline de Maître Dupond-Moretti

Egalement en 2018, alors qu’il se trouvait face à Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et qu’il reprochait à Marlène Schiappa d’avoir commenté l’affaire Daval, Eric Dupond-Moretti a tourné en dérision le terme « féminicide » :

« Le féminicide serait un nouveau crime ? Je ne sais pas, alors si c’est une femme qui tue un homme, c’est quoi ? Un ’andricide’ ? Je ne comprends pas bien. »

Des mots prononcés par l’ancien avocat lors d’une interview au magazine « GQ », en plein mouvement #MeToo, suscitent aussi la colère des militantes féministes :

« Mais comment fait-on pour rouler un patin aujourd’hui ? On adresse un courrier recommandé AR et on attend la réponse ? Le mouvement #MeToo a permis de libérer la parole et c’est très bien. Mais il y a aussi des “follasses” qui racontent des conneries et engagent l’honneur d’un mec qui ne peut pas se défendre car il est déjà crucifié sur les réseaux sociaux . »Eric Dupond-Moretti à la Justice : pour l’instant, tout est calme place Vendôme

Pour répondre à l’inquiétude du mouvement féministe face à la nomination d’Eric Dupond-Moretti, la nouvelle ministre de l’Egalité femmes-hommes Elisabeth Moreno a expliqué dans une interview au « Parisien » qu’elle avait prévenu le garde des Sceaux en ces termes : « Je vais être un gros caillou dans ta chaussure. Pas une victime ne doit s’interdire ces démarches et il va falloir suivre. »





nouvelobs

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