l’expression de Macron pour défendre Darmanin fustigée par des féministes


La polémique ne redescend pas ce mercredi. Lors de l’interview du chef de l’Etat à l’occasion de la fête nationale, mardi, Emmanuel Macron a affirmé avoir eu « une discussion d’homme à homme » avec Gérald Darmanin, avant de prendre sa décision concernant sa nomination à l’Intérieur. Les deux hommes ont notamment parlé de « la réalité des faits et de leurs suites ».

L’accusation de viol qui plane sur les premiers pas de Gérald Darmanin à l’Intérieur

Cette expression a suscité l’indignation des féministes, ainsi que dans la classe politique. Nommé à l’Intérieur la semaine dernière lors du remaniement, Gérald Darmanin, qui n’a pas été mis en examen, est accusé de viol ; malgré un non-lieu en 2018, la justice a relancé les investigations en juin dernier.

Si le chef de l’Etat dit respecter « l’émoi et la colère » des associations féministes après l’arrivée Place Beauvau de Gérald Darmanin, il assume toutefois cette nomination, au nom de la présomption d’innocence, dont il s’estime le « garant ». Dans son interview, Emmanuel Macron a également fait l’éloge de son nouveau ministre en affirmant que c’est « un responsable politique intelligent, engagé et blessé par ces attaques », avec qui il a une relation « de confiance ».

« Une provocation à l’égard des féministes »

Ce mercredi 15 juillet, les réactions indignées à la suite des propos du président concernant la nomination de Gérald Darmanin continuent de tomber. Sur Twitter, Cécile Duflot, ex-ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, justifie ce choix par « une sorte de “ras-le-bol” malsain de #MeToo, alors même que chaque semaine presque charrie une nouvelle histoire qui l’explicite ».

« Nous avons eu une discussion de dominant à dominant, et nous en avons conclu que notre domination était juste », a ironisé le journaliste Daniel Schneidermann, sur Twitter.

« On parle de solidarité masculine, de cet entre-soi qui est au cœur du combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes », décrypte de son côté la journaliste Laure Bretton, dans un billet publié sur le site de « Libération ». Pour elle, le choix de l’expression « d’homme à homme » relève soit d’une « formule inventée sous la pression des caméras et cela dit qu’Emmanuel Macron n’a pas compris grand-chose des rapports de force entre les hommes et les femmes qui matricent toujours notre société ». Soit cette formule « a été validée par les communicants présidentiels » et constitue « une provocation voulue à l’égard des féministes ».

Des parlementaires de la majorité défendent Darmanin

Fin de la polémique ? Pas sûr… Ce mercredi 15 juillet, 167 parlementaires de la majorité ont de leur côté publié une tribune sur le site du « Monde » pour dénoncer les « attaques particulièrement violentes » dont est victime Gérald Darmanin. Les signataires ont aussi évoqué la présomption d’innocence qui est « protégée par notre Constitution, la même qui consacre le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes ».

D’ailleurs, pour les parlementaires la présomption d’innocence et l’égalité femmes-hommes « ne sont pas des valeurs concurrentes mais complémentaires » et « la vindicte populaire n’est pas la justice ». Ici, ils font notamment référence aux rassemblements féministes qui ont eu lieu dans plusieurs villes de France pour demander la démission de Gérald Darmanin.

Par ailleurs Marlène Schiappa, nouvelle ministre déléguée chargée de la Citoyenneté a une nouvelle fois apporté son soutien à la décision d’Emmanuel Macron. « Emmanuel Macron est le 1er président à ériger l’égalité femmes hommes grande cause nationale. Oublier tout cela parce que le président utilise l’expression “d’homme à homme” est ubuesque ! », a-t-elle tweeté.





nouvelobs

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