le dispositif prolongé mais modifié


Une concession automobile à Paris. Photo d’illustration. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Les primes à la conversion connaissent un vrai succès et le gouvernement entend faire durer le plaisir mais sous d’autres formes. C’est l’une des mesures phares du plan de relance pour la filière automobile annoncé par le président de la République Emmanuel Macron, le 25 mai dernier : aider les particuliers et les professionnels à acheter un véhicule neuf ou d’occasion en échange de leur vieille voiture, via une prime à la conversion de 3 000 euros pour une voiture essence ou diesel et de 5 000 euros pour une électrique. Le dispositif rencontre un tel succès que le quota de 200 000 primes fixé par l’État sera épuisé d’ici la fin du mois.

Le gouvernement y voit l’occasion de faire coup double : continuer à écouler les stocks de l’industrie automobile pratiquement stoppée net avec la crise ; renouveler le parc auto français en faveur de véhicules plus propres pour accélérer la baisse des émissions de CO2. L’impact n’a pas été négligeable puisque le marché auto a enregistré une hausse des immatriculations de 1,2% en juin par rapport au même mois de l’an dernier. Ce sont surtout les ventes de voitures d’occasion qui se sont bien portées avec une hausse proche de 30%. Mais les véhicules de seconde main ne sont pas les plus écologiquement propres.

Le dispositif ne sera pas reconduit à l’identique mais Bercy réfléchit à une adaptation, sans en dire plus pour l’instant. D’abord sur le périmètre financier : prolonger les primes, cela veut dire élargir le budget public consacré à la mesure. Oui, mais jusqu’où ? Ensuite, sur le fond : selon certains experts, l’accent pourrait être mis sur le véhicule électrique. Se pose alors la question du prix. Pour l’instant, l’ensemble batterie-moteur électrique reste 50% plus cher qu’un moteur classique. Tout le monde n’a pas les moyens de se payer une voiture électrique ou hybride. Aider la filière auto est une chose, permettre aux clients d’acheter plus propre en est une autre.

Une des solutions pour le gouvernement serait peut-être d’ajouter à la visée écologique la dimension sociale en ciblant en priorité les ménages les plus modestes. C’est ce que demande la filière auto, notamment le Conseil national des professions de l’automobile. Autant de pistes possibles pour le gouvernement. 



FranceTVinfo

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