Le Brief éco. Faire renaître le commissariat général au plan, pour quoi faire ?


Jean Castex, Premier ministre pendant son discours de politique générale à l’Aseemblée nationale, le 15 juillet 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

Lors de son discours de politique générale mercredi 15 juillet à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Jean Castex a confirmé son intention de nommer un haut-commissaire au plan. Une tradition française héritée du Général de Gaulle 

Créé en 1946, le commissariat général au plan avait pour objectif de « moderniser » la France sur la base de plans quinquennaux, des plans d’action sur cinq ans, en associant économistes, universitaires, scientifiques, ingénieurs, partenaires sociaux, etc. Il y en a eu onze au total, dont le Plan Jean Monnet en 1946. Ces plans quinquennaux, plus ou moins élastiques au fil du temps, ont été effacés au début des années 1990 mais l’institution en tant que telle n’a jamais été abandonnée. Avec Dominique de Villepin Premier ministre en 2006, le Commissariat au plan est devenu le centre d’analyse stratégique, puis sous François Hollande et Jean-Marc Ayrault en 2013 une institution baptisée France Stratégie.

France Stratégie existe toujours. On peut donc s’interroger sur une nouvelle structure. D’autant qu’en France il y a déjà une multitude de lieux de concertations : le CAE (Conseil d’analyse économique placé auprès du Premier ministre), le Cese (Conseil économique social et environnemental), Initiative France (présidée par l’ancien patron de la SNCF, Guillaume Pepy), pour ne citer qu’eux. Selon les termes de Jean Castex, l’idée est de : « rééclairer l’action publique d’une vision de long terme ». Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire préfère parler de « boussole » pour éclairer l’exécutif sur les bons choix économiques, industriels, énergétiques, technologiques, sanitaires, d’éducation qui sont tous, effectivement des sujets qui doivent s’inscrire dans le temps long et non dans la dictature de l’immédiateté.

C’est l’ancien patron de France Stratégie qui en parle le mieux, l’économiste Jean Pisani-Ferry qui avait construit et dirigé le programme économique du candidat Macron pour la présidentielle de 2017. « Si c’est pour faire de la prospective, il n’est pas nécessaire de créer une nouvelle institution », dit-il. Dans une interview récemment accordée au magazine L’Obs, Jean Pisani-Ferry précise : ce qui n’existe plus, c’est un organisme qui combine prospective et concertation à travers un outil de programmation politique appuyé d’un outil financier. C’est ce que faisait le plan imaginé par le Général de Gaulle. Tout sauf de la planification administrative à la soviétique nous promet-on… c’est le nom du président du MoDem François Bayrou qui revient avec insistance pour occuper ce poste.



FranceTVinfo

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