Laurent Joffrin quitte « Libé » pour lancer un nouveau mouvement à gauche



Au revoir le journalisme ! Bonjour la politique ! Laurent Joffrin démissionne de ses fonctions de directeur de la publication de « Libération ». Il lance avec des intellectuels, des artistes, des hommes et des femmes d’entreprises, des syndicalistes un appel à « créer, un nouveau mouvement, qui englobe et dépasse les formations de la gauche historique, notamment le PS » selon la version du texte que « l’Obs » s’est procurée.

« Le fait de lancer un appel à contenu politique est incompatible avec mes fonctions. Je suis engagé depuis longtemps par des éditos, une lettre politique. Mais il est temps de s’engager franchement, de s’engager plus sans être candidat », confie Laurent Joffrin à « l’Obs ». Lundi matin, il tiendra une conférence de presse avec quelques-uns des signataires de l’appel.

Si Laurent Joffrin a discuté de son initiative avec des politiques amis dont François Hollande dont il est proche depuis des années, il n’a pas voulu que le texte soit signé par des hommes et des femmes politiques. Et les politiques ont compris que si ça venait d’eux, l’initiative était vouée à l’échec. « Il faut que l’ancienne gauche réformiste se réinvente, soit plus forte. Il faudra ensuite trouver les chemins de l’unité. C’est une association que nous lançons, elle n’a pas de fonction électorale. Une fois que cette association fonctionnera, il y aura ensuite un appel à lancer un parti », précise celui qui a aussi longtemps dirigé « le Nouvel Observateur ».

Un nouveau parti dépassant le PS ?

Laurent Joffrin et ses amis veulent réinventer une social-démocratie plus écolo, sans renier le passé de la gauche de gouvernement. Leur mouvement veut « rassembler autour de lui la jeunesse éprise d’engagement pour la planète, des femmes et des hommes qui veulent que leur combat pour la justice trouve une issue globale à travers une convergence des valeurs, des militants associatifs ou syndicaux qui savent que la politique est un débouché nécessaire, et des entrepreneurs, soucieux à la fois de l’avenir de la planète et de la cohésion nationale ». Ils ne croient pas que les écologistes seuls arriveront au pouvoir. Ils veulent donc créer une « force centrale qui place l’écologie au cœur de l’action publique, qui donne à l’Etat tout son rôle pour réorganiser notre économie, qui fasse de la solidarité un impératif catégorique. Une force qui s’adresse à toute la diversité du peuple français, unie par les valeurs de la République, concrètement mises en oeuvre. Sans cette force, la gauche et les écologistes se perdront dans de vaines manœuvres pour écarter l’un ou promouvoir l’autre autour de propositions incantatoires. Sans elle, nous aboutirons à une candidature de témoignage qui laissera le pouvoir au libéralisme, au conservatisme, ou aux deux à la fois. ».

Pour eux, si l’écologie est importante, la question sociale reste « centrale », la question républicaine, chère à Laurent Joffrin, aussi. L’association sera lancée lundi. Joffrin et ses amis vont appeler à des « assises sociales et écologiques, dont le caractère transparent, et participatif sera garanti. Les adhérents de ce mouvement choisiront ensuite leurs représentants et élaboreront à partir des contributions de tous, le projet de transformation qui manque à la France et qui devra trouver son incarnation en 2022 ». C’est bel et bien à termes un nouveau parti politique, dépassant le PS, que vont créer l’ancien patron de « Libé » et ses amis, « le lobby de Julie Gayet » comme les surnomme un vieux copain. Un de plus ?





nouvelobs

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