D’avocat à ministre, la métamorphose à marche forcée d’Eric Dupond-Moretti



Il sait que rien, désormais, ne lui sera pardonné. Le mercredi 8 juillet après-midi, dans les couloirs du tribunal judiciaire de Bobigny, pour sa deuxième sortie dans ses nouvelles fonctions, l’adepte des tonitruantes formules de prétoire semble soudainement paralysé par la peur de la petite phrase de trop, celle qui a saboté tant de carrières politiques. Eric Dupond-Moretti se consacre à sa mue. Dans son nouveau costume-cravate de garde des Sceaux, il nous glisse quelques mots creux qui ne lui ressemblent pas : « J’apprends à connaître mon administration. » Comme s’il était déjà formaté par la machine gouvernementale, déambulant à travers les artères du tribunal dans le sillage de Jean Castex. Le chef du gouvernement, en Monsieur Loyal, l’introduit comme une « très grande personnalité de la justice » nommée pour « incarner » la priorité du gouvernement. Le héros du jour hoche la tête, l’air angoissé comme un soir de première. Dans cette même enceinte, il y a encore quelques mois, le ténor du barreau pouvait passer des heures sur le banc de la défense, à grommeler contre les juges, avant de se lever, de faire tonner sa voix de stentor et, parfois, de renverser le cours d’un procès. Même lieu, nouvelle vie, autres mœurs.

Malgré la relégation du garde des Sceaux du deuxième au dixième rang protocolaire, Eric Dupond-Moretti s’impose comme l’attraction du nouveau gouvernement. L’avocat le plus connu de France, verbe haut, yeux bouffis, jamais avare d’une colère ni d’une déclaratio





nouvelobs

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