Castex s’en prend à l’anonymat sur les réseaux sociaux qui lui rappelle « le régime de Vichy »


La comparaison a tout du point Godwin. Après y avoir fait référence dans sa déclaration de politique générale mercredi, Jean Castex s’en est à nouveau pris aux réseaux sociaux dans un entretien avec des lecteurs du « Parisien ». Il a estimé que l’anonymat supposé qui y régnerait était « quelque chose de choquant », n’hésitant pas à évoquer… le régime de Vichy.

« On peut vous traiter de tous les noms, de tous les vices, en se cachant derrière des pseudonymes, a-t-il déploré. Dans ces conditions, les réseaux sociaux, c’est le régime de Vichy : personne ne sait qui c’est ! »

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Assurant être « pour la liberté d’expression », le Premier ministre a toutefois objecté que « si on se cache, les conditions du débat sont faussées ». « C’est un sujet dont il va falloir que l’on s’empare », a-t-il ajouté.

« Je pense qu’il faudrait réglementer un peu tout cela »

Interrogé sur une éventuelle loi sur le sujet, Jean Castex a cependant indiqué qu’il ne s’agissait pas là d’une priorité : « Personnellement, je pense qu’il faudrait réglementer un peu tout cela. Pour autant, pourrais-je le faire maintenant ? Ce n’est pas certain, a-t-il affirmé. Si on commence à dire aux gens que l’on va tout faire, ils ne nous croiront pas. »

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La question de l’anonymat sur les réseaux sociaux occupe le débat politique depuis plusieurs années. En janvier 2019, Emmanuel Macron avait plaidé en faveur d’une « levée progressive de tout anonymat » évoquant un « processus où on sait distinguer le vrai du faux et où on doit savoir d’où les gens parlent et pourquoi ils disent les choses ».

S’il est souvent critiqué, l’anonymat sur les réseaux sociaux n’en est toutefois pas exactement un : on peut plutôt parler de pseudonymat, l’identité des utilisateurs pouvant dans la plupart des cas être retrouvée, notamment grâce à l’adresse IP, en cas d’enquête judiciaire.





nouvelobs

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