Macron interpellé par des « gilets jaunes » lors d’une promenade aux Tuileries


Une après-midi tendue pour le chef de l’Etat. Après son interview, Emmanuel Macron a été interpellé par des « gilets jaunes » mardi 14 juillet au sujet des violences policières, alors qu’il se promenait en fin de journée dans le jardin des Tuileries avec son épouse, l’un d’eux lui demandant de « virer la Brav » (brigades de répression de l’action violente).

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Une vidéo relayée par la page Facebook « Gilets Jaunes Infos » montre plusieurs personnes qui, en l’apercevant, se mettent à chanter « On est là » (l’air de ralliement des « gilets jaunes »), scandent « Macron démission » et « tu vas virer ».

> Regardez la vidéo :

Celui qui filme, et que les gardes du corps tentent d’éloigner, s’exclame avec stupéfaction « c’est incroyable, on tombe sur la bête noire ».

« Soyez cool »

Le petit groupe de « gilets jaunes » se met à suivre le couple présidentiel et parvient à l’approcher de très près, couvrant par ses huées les appels au calme du président qui décide alors de venir leur parler.

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« Pourquoi vous avez remis la Brav, c’est des violents », lui crie l’homme qui filme, en ajoutant « vous êtes mon employé », ce à quoi Emmanuel Macron répond « c’est pas le président de la République qui fait ça » et « y en a chez vous qui sont violents ». Les Brav, des unités à moto, ont été remises en service pour intervenir lors des manifestations des « gilets jaunes ».

Macron dit « entendre » le sentiment d’injustice

« On est un jour férié, je me balade avec mon épouse et vous m’interpellez », regrette Emmanuel Macron. « Soyez cool », répond le président en souriant, ce qui détend l’atmosphère. « On a respiré du gaz à mort y a une heure », répond l’homme qui filme, allusion sans doute à la manifestation parisienne pour l’hôpital marquée par des heurts avec les forces de l’ordre.

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« Vous n’êtes pas des modèles de respect non plus », lui réplique Emmanuel Macron, « il y en a chez vous qui sont violents », « les gens, ils en ont marre des samedis », poursuit-il.

« Mais vous savez qu’il y a des problèmes », rétorque le « gilet jaune », en citant « le pouvoir d’achat, la justice fiscale » mais aussi l’affaire Balkany et la réforme des retraites.

« Pourquoi la police s’est mise là, parce que vous n’avez pas fait que manifester, ça a cassé massivement », fait valoir le président, sous les protestations du petit groupe qui lui lance « tu vas pas dans les manifs ! ». « Le sentiment d’injustice, je l’entends », argumente le chef de l’Etat. Emmanuel Macron a reconnu dans son interview mardi midi être l’objet d’une « détestation » par certains, alimentée selon lui par ses « maladresses ».

Un « problème de sécurité » ?

Interrogé mercredi sur RTL au sujet de cette rencontre inattendue, le président des Républicains Christian Jacob a estimé qu’il s’agissait là d’« un vrai problème de sécurité » pour le président de la République. « Il est certain qu’il prend le risque d’être pris à partie », a-t-il ajouté.

Christian Jacob, qui a dit comprendre les revendications de ces « gilets jaunes », estime qu’Emmanuel Macron « a eu tort d’aller se promener un jour de manifestation au pied de la place de la Concorde ». « Je pense que quand on est président de la République, il y a un certain nombre de précautions à prendre, notamment celle-là », a-t-il affirmé.





nouvelobs

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