Emmanuel Macron clôt le débat


Emmanuel Macron à la télévision lors de son interview du 14-Juillet réalisée depuis l’Elysée. Le 14 juillet 2020. (DENIS CHARLET / AFP)

Celles et ceux qui s’attendaient à ce que le chef de l’État mette à contribution les plus riches pour renflouer les finances publiques en ont été pour leurs frais. Emmanuel Macron a été clair lors de l’interview du 14-Juillet : « On ne résout pas une crise comme celle-ci en augmentant les impôts », cela freinerait la consommation, le doute s’installerait et le pays ne repartirait pas. Pour financer ces 100 milliards d’euros qui viennent s’ajouter aux 460 milliards déjà débloqués par l’État depuis le début de la crise, le président de la République préfère miser sur l’investissement. Avec de l’argent public certes, donc de la dette, mais financée essentiellement par des fonds européens.

S’il a fermé la porte à un retour de l’impôt de solidarité sur la fortune, Emmanuel Macron a envoyé quelques messages, notamment sur la sulfureuse question des dividendes. Les sociétés qui ont demandé à leurs salariés d’accepter une réduction de salaires sont appelées à « une modération » des dividendes versés aux actionnaires. Modération, pas interdiction. Interdire, l’exécutif ne peut pas quand il s’agit de la sphère strictement privée. Il peut, au mieux, supprimer des aides publiques. Surtout, et Emmanuel Macron connaît trop bien la musique en tant qu’ancien banquier d’affaires, l’Etat va avoir besoin d’entreprises solides pour soutenir son plan de relance. Or, priver les actionnaires de dividendes c’est les pousser à aller voir ailleurs, retirer leur argent des entreprises françaises, les fragilisant, au risque de les livrer à d’autres capitaux internationaux hostiles et bien plus voraces. Le numéro d’équilibriste est de plus en plus difficile sans expliquer clairement les choses.

Le président de la République a évoqué comme « option possible » de décaler un peu dans le temps la suppression totale de la taxe d’habitation pour les 20% de Français les plus aisés. Suppression progressive initialement prévue entre 2021 et 2023. Calendrier peut-être reporté pour les plus aisés ? Celles et ceux qui, célibataires, gagnent plus de 2 500 euros par mois. Mesure légitime en période de crise ? Bercy estime pouvoir en retirer jusqu’à près de trois milliards d’ici deux ans. Sur le fond, c’est désormais au Premier ministre Jean Castex de trancher. Sur la forme, c’est le Conseil constitutionnel qui aura le dernier mot car en France, jusqu’à preuve du contraire, tous les contribuables sont censés être égaux devant l’impôt.



FranceTVinfo

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