Darmanin, immigration… les acrobaties de Marlène Schiappa, ministre de la « Citoyenneté »


Récemment nommée ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, à l’occasion du remaniement, Marlène Schiappa dévoile davantage les contours de son poste et ses missions. Dans « le Journal du Dimanche » du 12 juillet, elle est également revenue sur la nomination polémique de Gérald Darmanin, son nouveau ministre de tutelle à l’Intérieur, ou encore l’importance de la lutte contre le « communautarisme ». « L’Obs » fait le point sur le contenu de cet entretien.

  • Elle soutient Gérald Darmanin…

Sa position était très attendue sur ce dossier. L’ex-secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes affirme au « JDD » que « jamais » elle n’aurait « accepté de travailler avec un homme reconnu coupable de viol ». Marlène Schiappa, qui se dit « féministe depuis toujours », justifie d’ailleurs son soutien à son ministre de tutelle par les « trois non-lieux en justice » à la suite d’une enquête pour viol. En réalité, l’enquête n’a bénéficié que d’un seul non-lieu, en 2018. Deux enquêtes préliminaires ont été classées sans suite, avant la réouverture du dossier sur demande de la cour d’appel de Paris, en juin.

L’accusation de viol qui plane sur les premiers pas de Gérald Darmanin à l’Intérieur

Marlène Schiappa indique également que Gérald Darmanin a demandé mercredi 8 juillet « aux directeurs d’administration de construire un objectif de 50 % de femmes aux plus hauts postes ». Et rappelle que lorsqu’il « était à l’Action et aux Comptes publics, il a accompagné la hausse des crédits de [s]on ministère ».

Pourtant en janvier 2020, Marlène Schiappa avait assuré dans un entretien pour « le Parisien » : « Je n’applaudirai pas un homme accusé de viol », concernant la nomination du réalisateur Roman Polanski aux Césars. Ce lundi 13 juillet, au micro de RMC-BFMTV, elle a une nouvelle fois défendu son ministre de tutelle en précisant que les deux situations n’étaient pas « identiques », au vu de la justice.

  • … et défend Eric Dupond-Moretti

Dans la même lignée, Marlène Schiappa passe outre les propos sexistes du nouveau garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti. Notamment concernant le délit d’outrage sexiste que l’ex-secrétaire d’Etat a créé et à propos duquel l’actuel ministre de la Justice avait estimé que le gouvernement « déconne complètement ».

Eric Dupond-Moretti, une grenade dégoupillée au ministère de la Justice

Marlène Schiappa martèle :

« Il s’exprimait comme avocat. Il est désormais le garde des Sceaux et je suis sûre qu’il fera appliquer cette loi votée à l’unanimité. »

Pour rappel, les militants féministes demandent depuis le remaniement la démission d’Eric Dupond-Moretti et de Gérald Darmanin.

  • « Retrouver l’esprit de la loi de 1905 »

Marlène Schiappa indique également qu’en tant que ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, elle défendra « les valeurs de la République, notamment la laïcité ». Elle a d’ailleurs rappelé l’importance de « retrouver l’esprit de la loi de 1905 », la « liberté de conscience fondamentale, de croire ou ne pas croire et les lois de la République au-dessus de toute autre ». La ministre a ajouté :

« Sans quoi, le communautarisme et le séparatisme prospèrent. »

L’ex-secrétaire d’Etat affirme par ailleurs que « nous sommes dans une situation d’urgence » et que « la République fait face à des attaques contre son unité », au sujet du communautarisme et de l’islam radical. Elle propose à ce sujet « l’affirmation du principe de laïcité lors des parcours de naturalisation ».

Comment ? En « mettant en lumière ces cérémonies, moments solennels, émouvants pour ceux qui deviennent citoyens français », affirme Marlène Schiappa. La ministre déléguée souhaite également que soient orchestrées « des opérations de reconquête républicaine de terrain comme lorsque Gérald Darmanin et moi allons, de nuit, Porte de la Chapelle à Paris, aux côtés des forces de l’ordre ». Et de préciser :

« Sans prévenir, parce que la République est chez elle partout. »

  • Une politique migratoire « humaine et ferme »

La nouvelle ministre déléguée assure enfin qu’elle va mettre en application la politique du gouvernement en matière d’asile et d’immigration, qu’elle définit par « deux piliers : humanité et fermeté ». Elle rappelle ensuite qu’elle a obtenu que les étrangers coupables de violences sexuelles et sexistes soient expulsés.

« C’est du bon sens : si la maison de votre voisin s’effondre, vous l’accueillez. Mais s’il se met à tabasser votre sœur, vous le virez ! », déclare-t-elle. Une métaphore qui fait étrangement écho à des propos tenus par Marine Le Pen en 2012, aux yeux de certains internautes. La présidente du FN évoquait alors de façon imagée « douze clandestins » venant « s’installer dans votre appartement », qui « changent votre papier peint, […] volent votre portefeuille et brutalisent votre femme ».

J. T.





nouvelobs

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