Test Blu-ray : Charlie’s angels


Charlie’s angels

États-Unis : 2019
Titre original : –
Réalisateur : Elizabeth Banks
Scénario : Elizabeth Banks
Acteurs : Kristen Stewart, Naomi Scott, Ella Balinska
Éditeur : Sony Pictures
Durée : 1h58
Genre : Aventures, Action
Date de sortie cinéma : 25 décembre 2019
Date de sortie DVD/BR : 20 mai 2020

Les Charlie’s Angels ont toujours assuré la sécurité de leurs clients grâce à leurs compétences hors du commun. L’agence Townsend a maintenant étendu ses activités à l’international, avec les femmes les plus intelligentes, les plus téméraires et les mieux entraînées du monde entier – de multiples équipes de Charlie’s Angels affrontant les missions les plus périlleuses, chacune guidée par son propre Bosley…

Le film

[3/5]

Repéré grâce à une poignée de clips dans la deuxième moitié des années 90, Joseph McGinty Nichol alias McG est arrivé dans le petit monde du cinéma en frappant très, très fort. Avec Charlie et ses drôles de dames (Charlie’s angels, 2000) et Charlie’s angels : Les anges se déchaînent (Charlie’s angels : Full throttle, 2003), McG s’était en effet imposé d’entrée de jeu comme un des cinéastes les plus iconoclastes de sa génération. A l’image d’un Baudelaire de l’Art cinématographique, Hollywood lui avait donné sa boue, et il en avait fait de l’or. Malheureusement, et malgré son talent incroyable, son aura auprès des studios ne serait que de courte durée, et s’estomperait finalement peu à peu au tournant des années 2010, jusqu’à ce que son nom ne résonne plus que dans le cœur meurtri d’une poignée de fans, désespérant de le voir reprendre un jour les rennes de la saga Charlie’s angels.

Ce projet de relance de la franchise Charlie’s angels échouerait finalement – signe des temps – dans les mains d’une femme : Elizabeth Banks. Révélée par la bande d’acteurs comiques gravitant autour de Judd Apatow il y a une quinzaine d’années, Elizabeth Banks est une actrice à forte personnalité, au parcours professionnel vraiment remarquable. Mais elle est une réalisatrice débutante, et avec la meilleure volonté du monde, les probabilités qu’elle accouche d’un chef d’œuvre dans le système très fermé du blockbuster Hollywoodien étaient vraiment minimes. Encore un peu et on affirmerait même qu’elle s’en est globalement bien sortie, livrant au public un film certes trop long et inégal mais ayant le mérite d’accrocher de façon claire et nette la nouvelle génération. Il est en effet étonnant de constater à quel point les jeunes filles de quatre à douze ans pourront se projeter dans ce petit groupe de jeunes espionnes qui, avouons-le, auront en revanche le don d’agacer les adultes. Un peu comme les Totally Spies en somme, ou les espionnes de la série Miraculous de Thomas Astruc.

Même si Elizabeth Banks a probablement du ressentir la confiance que lui accordait Sony Pictures pour écrire et réaliser un reboot de la franchise Charlie’s angels, passer derrière McG n’était pas chaud zézé, tant ce dernier maîtrisait sur le bout des doigts tous les codes de la pop culture. Ce n’était pas chaud zézé, mais il fallait ozézé, et Elizabeth Banks de peaufiner et d’imposer un casting improbable, composé de trois zézettes que personne n’attendait : Kristen Stewart, Naomi Scott et Ella Balinska. Bon, la première on la connaît bien sûr, c’est l’ado horripilante de la saga Twilight, mais les deux autres, c’est inconnu au bataillon. Côté casting masculin en revanche, on trouvera quelques têtes connues : Djimon Hounsou, Patrick Stewart ou encore de Jonathan Tucker, vu et apprécié dans Massacre à la tronçonneuse (Marcus Nispel, 2003), Otage (Florent-Emilio Siri, 2005) ou encore dans Les ruines (Carter Smith, 2008). Il crève littéralement l’écran dans la peau du tueur sans merci Hodak, relecture du personnage incarné par Justin Theroux dans Charlie’s angels : Les anges se déchaînent.

Assez généreux en action, ce Charlie’s angels cuvée 2019 abandonne en revanche l’esprit potache des deux premiers films pour privilégier un humour plus fin et féminin, ainsi que plus largement une « vision » des Drôles de dames plus féminine, sans doute plus moderne et « politiquement correcte » également. Le film répond d’avantage aux impératifs de l’époque des réseaux sociaux, en ajoutant « jeunesse et diversité » à la saga originale. Et si Elizabeth Banks se montre incapable de transcender son matériau de base de la même façon que McG vingt ans avant elle, la réalisatrice en herbe n’a globalement pas à rougir de son film. En revanche, l’accueil réservé à ce Charlie’s angels aux États-Unis a dû lui permettre de réaliser de quel genre de cadeau empoisonné elle avait bénéficié de la part de Sony Pictures. Cependant, côté financier, le film est un flop au box-office américain mais il s’en sort mieux à l’international, avec une performance correcte qui lui permet de rembourser son budget.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est naturellement sous les couleurs de Sony Pictures que Charlie’s angels débarque aujourd’hui dans vos salons, et l’éditeur a, comme à son habitude, indéniablement soigné le boulot côté image et son. La définition est précise, avec un beau piqué, les contrastes impeccables, les couleurs en envoient plein les yeux, on saluera par ailleurs également la belle tenue des noirs. Côté son, la VF et la VO sont toutes deux proposées en DTS-HD Master Audio 5.1, au rendu dynamique et assez époustouflant : l’immersion totale est garantie, en mode « spatialisation de ouf », d’une finesse et d’une précision redoutables. Du grand Art.

Du coté des suppléments, on trouvera les riches bonus à la fois ludiques et informatifs auxquels nous a habitué Sony Pictures au fil des années. On commence avec une petite sélection de featurettes, assez courtes et promotionnelles, mais ayant au moins le mérite de remettre le tournage en contexte. On a donc tout d’abord droit à un sujet consacré à la prestation d’Elizabeth Banks devant et derrière la caméra (« Elizabeth Banks : Dans le rôle de Bosley », 5 minutes). Les autres featurettes seront dédiées aux personnages (« Plus fortes ensemble : L’association des Drôles de Dames », 8 minutes) ainsi qu’aux chorégraphies des scènes d’action et de combat (« Des guerrières sur le plateau : Les Drôles de Dames en pleine action », 6 minutes). Enfin, la dernière est consacrée aux costumes (« Habillées pour le danger : le style des Drôles de Dames », 6 minutes), avec exploration de la garde-robe et du maquillage des différentes filles en fonction de leur personnalité. On continue ensuite avec une série de scènes coupées (5 minutes), ainsi qu’avec un bêtisier (3 minutes). Enfin, on terminera le tour de la section en compagnie des chanteuses Ariana Grande, Miley Cyrus et Lana del Rey, avec le clip vidéo de leur chanson « Don’t call me angel » (4 minutes).



Critique film

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