Le géant minier Norilsk Nickel va rembourser 1,8 milliard d’euros



Publié le 11 juillet 2020

L’agence russe de surveillance de l’environnement réclame à Norilsk Nickel un dédommagement de 1,8 milliard d’euros après l’effondrement du réservoir d’une de ses centrales thermiques en Arctique. 20 000 tonnes d’hydrocarbures se sont déversées dans la zone, du fait, notamment, de la fonte du permafrost. Mais le géant minier est accusé de n’avoir pas entretenu ses infrastructures. 

Fin mai, un des réservoirs de diesel d’une de ses centrales thermiques du géant minier Norilsk Nickel s’est en effet effondré, déversant 20 000 tonnes d’hydrocarbures dans une rivière de l’Arctique près de la ville de Norilsk. Face à l’ampleur de la pollution, le Président russe Vladimir Poutine a déclaré l’état d’urgence. Cette marée, d’une couleur rouge, était visible depuis l’espace. Elle a nécessité la mise en place de barrages flottants et d’opérations de pompage pour éviter que le carburant n’atteigne des espaces naturels protégés.

L’agence russe de surveillance de l’environnement vient  de demander à Norilsk Nickel un dédommagement de 1,8 milliard d’euros. Dans un communiqué, l’agence fédérale Rosprirodnadzor a indiqué avoir envoyé à une filiale de Norilsk Nickel cette demande de « compensation volontaire » équivalente au tiers des profits nets du groupe en 2019. Lundi soir, l’action de Norilsk Nickel avait chuté de près de 5 % à la Bourse de Moscou.

Une amende reflétant la gravité de la catastrophe 

Le producteur d’aluminium Rusal, qui possède 28 % de Norilsk Nickel, a qualifié le montant de cette amende d' »inattendu » et espéré qu’une réunion d’urgence des dirigeants du groupe permettrait d’évoquer cette demande « sans précédent ». « Nous sommes sûrs que les actionnaires pourront trouver une solution conjointe à cette situation difficile », a affirmé le service de presse Rusal, contacté par l’AFP.

Le ministre russe de l’Environnement, Dmitri Kobylkine, a estimé dans un communiqué que cette amende reflétait « la dimension sans précèdent » de la catastrophe. Il a comparé cette pollution à l’une des pires marées noires de l’histoire des États-Unis, le naufrage du pétrolier Exxon Valdez en 1989 qui avait coûté plus de cinq milliards de dollars à l’entreprise Exxon Mobil.

La fonte du permafrost en cause

La fonte du permafrost, cette couche de glace vieille de plusieurs années qui recouvre un quart des terres émergées de l’hémisphère nord, serait responsable de l’accident. Mais la société est également mise en cause. Vladimir Poutine, lors d’une interview à la télévision, a accusé Norilsk Nickel de n’avoir pas assez entretenu ses infrastructures. 

Un porte-parole de Norilsk Nickel a indiqué que l’entreprise n’avait pas encore reçu de demande officielle des autorités russes. Le président de Norilsk Nickel, Vladimir Potanine, homme le plus riche de Russie, avait dit être prêt à payer « tout ce qu’il fallait » et estimé les dégâts à 10 milliards de roubles (123 millions d’euros au taux actuel), près de 15 fois moins que la somme demandée désormais par les autorités russes.

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP





novethic

A lire aussi

Laisser un commentaire