Isabelle, de l’industrie pharmaceutique à la boulangerie


Un homme achète une baguette de pain dans une boulangerie (illustration). (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

Après 25 ans passés chez Pasteur en tant que commerciale, déléguée médicale, ou directrice régionale, Isabelle a décidé de changer de vie. Pourtant, ce fut 25 ans de bonheur, de vie professionnelle bien menée, mais un jour, à 49 ans, le cancer vient tout bouleverser. « Ça m’a obligée à m’arrêter et puis quand on mène un combat de ce type, ça remet en perspective sa vie et quand j’ai repris en mi-temps thérapeutique je me suis vraiment demandé si ce que je faisais avait vraiment du sens. »

Au bout de six mois, Isabelle doit se rendre à l’évidence. Sa vie n’est plus ici : « Un jour lors d’une réunion où j’ai eu l’impression que mon corps se séparer de mon esprit, et là, je me suis dit ‘mais qu’est-ce que je fais là’. » Pour se soigner, Isabelle a quitté Paris pour s’installer dans sa maison de campagne, à Recloses (Seine-et-Marne), un village de 750 habitants au cœur de la forêt de Fontainebleau. Son idée de reconversion professionnelle, elle va naître ici. Mais quoi faire pour améliorer la vie dans le village ? Un besoin émerge : « Je suis allé voir Mme la Maire et je lui ai demandé ce qui pourrait manquer au village et elle m’a dit : ‘Si vraiment tu as envie de faire quelque chose, une boulangerie ce serait super’. Juste à ce moment-là, l’ancien bistrot du village était à vendre. On a sauté sur l’occasion. »

La boulangère, ce sera elle. Cinq mois d’apprentissage à l’école de boulangerie de Paris. Une année aux côtés d’un meilleur ouvrier de France. Et le hasard fait le reste. « Finalement on arrive à avoir un concept de boulangerie qui fonctionne très bien dans des zones rurales, qui attire au-delà du village et qui fonctionne bien en terme de chiffre d’affaires aussi. » dit Isabelle.

Sur le papier, ce n’était pas évident d’ouvrir une boulangerie en pleine forêt. Mais pourtant l’affaire marche. « Les gens quand ils viennent chez nous,  ils viennent au ‘Cœur de La Mie’, ils viennent voir Isabelle. On discute, on connaît un petit peu tout le monde, leur vie. »

C’est ça que je voulais créer, de la convivialité, donner un sens aux relations sociales, aux relations humaines

Isabelle Bielikoff

à franceinfo

Si l’affaire tourne bien – elle est rentable depuis le premier jour au point qu’Isabelle a recruté quatre personnes et va ouvrir une deuxième boulangerie – c’est parce que la boulangerie, c’est d’abord un lieu de vie. Guérie, transformée, Isabelle fait un métier physique, et aussi humain, qui la comble : « Je pense qu’aujourd’hui je me suis réalisée, toutes mes compétences sont réunies à la fois, manuelles, intellectuelles et managériales. Il n’y a pas un matin, même à 4 heures du matin, où je me dis mais pourquoi je me lève, pas du tout ».



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