Darmanin sous la pression de la droite


Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est arrivé ce samedi 11 juillet en début d’après-midi à Bayonne où il a promis à la famille du chauffeur de bus roué de coups et décédé, des mesures « pour les chauffeurs (…) de toute la France », selon la fille de la victime Philippe Monguillot.

Le ministre, qui a commencé son déplacement en se rendant au domicile de la famille du chauffeur à Bayonne, où il est resté 30 à 45 minutes, lui a annoncé que des mesures seraient prises, « pour les chauffeurs d’ici, mais aussi de toute la France », a rapporté à une correspondante de l’AFP la plus jeune fille du conducteur, Marie, 18 ans.

Philippe Monguillot, le chauffeur de bus agressé à Bayonne, est mort

Le ministre est ensuite arrivé, sans faire de déclarations, à la mairie de la cité basque où il devait s’entretenir avec les élus puis se réunir avec les représentants de l’Etat, avant de rencontrer les conducteurs, qui ont exprimé leur colère et indignation en usant de leur droit de retrait depuis lundi dernier.

Ils doivent reprendre le travail lundi « dans des conditions de sécurité renforcées », selon l’opérateur de transports Keolis.

Manifestation contre Darmanin à Bayonne

Dans la matinée, quelque 60 militantes féministes avaient manifesté devant la mairie pour protester contre la nomination au gouvernement de Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol, selon une correspondante de l’AFP. Plusieurs manifestations similaires ont eu lieu vendredi 10 juillet à travers la France.

Des dizaines de rassemblements féministes ce vendredi pour protester contre le remaniement

La famille de Philippe Monguillot avait annoncé vendredi soir le décès du chauffeur de 59 ans, en état de mort cérébrale depuis son agression.

« Nous avons décidé de le laisser partir. Les médecins étaient pour et nous aussi », avait annoncé sa fille Marie.

Ce père de deux autres filles de 21 et 24 ans a été victime d’une agression « d’une extrême violence », roué de coups et grièvement blessé à la tête, alors qu’il voulait contrôler le ticket d’une personne et exigeait le port du masque pour trois autres passagers, selon le parquet de Bayonne.

Appels répétés à des sanctions sévères

A l’annonce de son décès, les appels à des sanctions plus sévères se sont succédé dans les rangs de la droite, le député LR Eric Ciotti réclamant « de lourdes sanctions envers (les) meurtriers » (le même Eric Ciotti s’inquiète de « manifestations haineuses contre Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti » par des « associations extrémistes ») tout comme le maire LR de Nice, Christian Estrosi, pour qui « cet acte barbare appelle les sanctions les plus sévères ».

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a appelé « au sursaut et à la révolte face à cette sauvagerie ».

Dès le 6 juillet, le député LR du Var Julien Aubert commentait l’agression, assurant que « le ’vivre-ensemble’ est une illusion ».

« Crime abject », commente à son tour Jean Castex

En réponse, le gouvernement a promis la fermeté par la voix de son Premier ministre: « La justice punira les auteurs de ce crime abject », a assuré Jean Castex vendredi sur Twitter.

Agés de 22 et 23 ans et connus des services de police, deux hommes se trouvent en détention provisoire, mis en examen pour « tentative d’homicide volontaire », une incrimination qui doit être requalifiée en « homicide volontaire sur un agent de réseau de transports publics » à la demande du parquet. Deux complices trentenaires ont également été écroués cette semaine pour « non-assistance à personne en danger ».





nouvelobs

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