[Revue de presse] Au Parlement européen, Angela Merkel plaide pour une Union solidaire et démocratique


Revue de presse
09.07.2020

Mercredi 8 juillet, Angela Merkel a présenté aux eurodéputés le programme de son gouvernement, qui préside le Conseil de l’UE pour les six prochains mois. Parmi ses priorités, faire adopter rapidement le plan de relance européen et faire taire les critiques sur le manque de solidarité de l’UE.

Mercredi 8 juillet, Angela Merkel s’est rendue à Bruxelles pour présenter aux eurodéputés les priorités de son gouvernement dans le cadre de la présidence allemande du Conseil de l’UE – Crédits : Laurie Dieffembacq / Parlement européen

Pour son premier déplacement hors d’Allemagne, la chancelière s’est rendue mercredi 8 juillet à Bruxelles, dans les bâtiments du Parlement européen. « La tradition veut que le chef de gouvernement du pays qui exerce la présidence [du Conseil de l’UE]  discute de son programme avec le Parlement européen« , explique le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais, « ce qui est normalement une routine ennuyeuse » s’est révélé « explosif » poursuit le média, compte tenu de la crise sanitaire et économique que traverse le continent. Outre son programme chargé en matière de transition écologique, numérique ou de géopolitique, l’Allemagne devra en effet s’atteler à faire sortir l’Europe de la récession dans laquelle la pandémie de Covid-19 l’a plongée. Et pour cela, faire adopter et préparer la mise en oeuvre d’un plan de relance ambitieux qui divise encore les Vingt-Sept.

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Un accord rapide sur la relance est nécessaire

« Notre objectif commun est de trouver un point d’accord rapide car le temps presse en raison de la crise économique« , a martelé la chancelière allemande [La Tribune]. Alors que le continent a déjà connu « d’énormes bouleversements économiques« , les dirigeants ne peuvent pas « se permettre de ‘perdre du temps’ en discutant des plans mis en avant par Bruxelles« , estime Angela Merkel [Financial Times]. Ses homologues européens doivent se réunir à Bruxelles les 17 et 18 juillet pour discuter de la proposition de la Commission européenne  d’un plan de relance de 750 milliards d’euros, « adossé au budget à long terme de l’Union européenne (2021-2027) d’un montant de 1 100 milliards d’euros« , rappelle La Tribune. A ce sujet, « la conclusion rapide d’un accord » va être « la priorité absolue de l’UE pour les semaines à venir« , ont prévenu les dirigeants des institutions européennes avec Angela Merkel [Le Figaro].

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Pour rassurer les pays « frugaux » (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark), « très réservés sur ce plan« , la chancelière a rappelé que « les efforts qui sont nécessaires aujourd’hui ne doivent pas simplement être fournis par les pays les plus forts économiquement » [La Tribune]. Néanmoins, elle insiste sur le fait que « l’Europe sortira de la crise plus forte que jamais si nous renforçons la cohésion et la solidarité« , ce qui nécessite de « faire des compromis, de tous les côtés » [Le Monde].

Montrer que l’Europe tient ses promesses

Le discours s’est donc concentré sur « la nécessité de l’unité et de la solidarité en réponse à la pandémie et au choc économique qui l’accompagne« , confirme Politico. Mais la chancelière a également formulé « des mises en garde sévères contre les dangers du populisme nationaliste« , détaille le média. Angela Merkel a ainsi réservé quelques phrases à destination des « personnalités politiques qui pourraient essayer d’utiliser la crise pour faire avancer un programme populiste alimenté par la peur et la méfiance » [Politico]. « Une pandémie ne doit jamais être une excuse pour saper les principes démocratiques« , a averti la dirigeante allemande [Die Zeit]. Or, « dans de nombreux États membres, les opposants à l’Europe n’attendent que d’exploiter la crise à leurs propres fins« , a-t-elle déclaré devant les eurodéputés.

« La pandémie ne peut être combattue par le mensonge et la désinformation, ni par la haine et l’agitation. Une démocratie a besoin de vérité et de transparence« , a-t-elle annoncé, provoquant de vifs applaudissements dans l’hémicycle. Si aucun pays n’a été nommé, les eurodéputés auront compris que ces « attaques » visaient des dirigeants comme « Viktor Orbán en Hongrie, qui utilisent la peur du virus pour restreindre les libertés civiles« , remarque Der Spiegel.

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« Sortir l’Europe de la crise et montrer aux populistes que l’UE est capable de tenir ses promesses » sont désormais les deux « tâches les plus importantes de la présidence allemande« , analyse le média. Pour la chancelière, « une Europe socialement et économiquement juste est cruciale pour la cohésion démocratique« , relève Die Zeit. Et le média allemand de conclure qu’il s’agit là de « la meilleure recette contre tous ceux qui veulent affaiblir les démocraties« .

 

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