Le brief éco. But rachète Conforama et mise sur le meuble français


Le logo du magasin d’ameublement « But ». Photo d’illustration. (BERTRAND BECHARD / MAXPPP)

L’enseigne de l’ameublement But se porte acquéreur de Conforama. Ils viennent de tomber d’accord sur les termes de leur rapprochement, preuve que les affaires continuent malgré, voire grâce à, la crise.

Hasard du calendrier, l’information est tombée le même jour que l’annonce de la reprise de la marque de chaussures et de vêtements La Halle par le groupe Beaumanoir et le sauvetage de 3 300 emplois sur un peu plus de 5 000. Quel rapport entre les deux opérations ? Tout simplement le principe de l’union qui fait la force. D’un côté dans la chaussure, de l’autre dans le meuble. Pour ce qui est de Conforama, le confinement a porté l’estocade au groupe qui était déjà en difficulté. Avec la fermeture des magasins, au mois d’avril la distribution d’ameublement a chuté de 85% après un repli de plus de 50% en mars.

Après plusieurs semaines de tractations, le groupe sud-africain Steinhoff (propriétaire de Conforama) cède la totalité de ses parts à Mobilux, une structure qui regroupe le fonds d’investissement américain qui possède But et un industriel autrichien présent dans 15 pays européens. On peut dire que cette opération tombe au bon moment et profite finalement du contexte de crise car la puissance publique fait tout pour éviter la casse économique et sociale. Conforama s’est vu autoriser en février la mise en place d’un PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) pour limiter le nombre de licenciements (1 900 départs sur 9 000 employés). Dans le même temps, l’enseigne a obtenu un prêt garanti par l’État de 300 millions d’euros. Ce prêt va lui permettre de finaliser son projet de restructuration, ce dont profitera le nouveau propriétaire Mobilux pour accompagner son plan de relance en le complétant d’une augmentation de capital de 200 millions d’euros.

CGT et Force ouvrière se disent rassurés, les centrales syndicales avaient soutenu cette option. L’opération fait intervenir des financiers internationaux mais elle est importante à la fois sur le plan européen et français. Européen, compte tenu des chiffres d’affaires de Conforama et But (Conforama réalise 30% de son CA à l’international). Et puis français : en se mariant, But et Conforama feront tout pour s’imposer face au leader du marché en France, le suédois Ikéa, qui plus est en misant sur les meubles Made in France. Donc oui, paradoxalement, dans certains cas la crise crée des opportunités et permet d’éviter le pire. Le mariage entre But et Conforama n’est qu’un exemple parmi d’autres opérations du même genre qui pourraient voir le jour.



FranceTVinfo

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