Chahuté pour sa première à l’Assemblée, Dupond-Moretti dégaine ses punchlines


« Acquittator » ne s’est pas laissé faire. L’avocat très médiatique Eric Dupond-Moretti, devenu lundi, à la surprise générale, le nouveau ministre de la Justice, a fait ses premiers pas dans le chaudron bouillonnant de l’hémicycle de l’Assemblée nationale ce mercredi 8 juillet. Il s’y est retrouvé face à des centaines de députés des oppositions, prêts à l’interroger et à le chahuter. Pas de quoi décourager l’avocat chevronné, habitué, et amateur, des joutes oratoires, par ailleurs applaudi par la majorité.

> Regardez la vidéo :

Sitôt le masque retiré pour répondre à l’interpellation d’un député, Eric Dupond-Moretti est descendu dans l’Hémicycle. L’ambiance est agitée, électrique même, comme souvent, et le ténor du barreau met d’entrée les points sur les « i » : « Vous avez raison, on n’est pas au spectacle, et je vais répondre à la question que me pose monsieur le député », lance-t-il pour ouvrir cette première séance de questions au gouvernement.Eric Dupond-Moretti, une grenade dégoupillée au ministère de la Justice

« C’est vrai qu’à un moment donné j’ai dit que je n’accepterais pas cette tâche, il doit y avoir une douzaine ou une quinzaine d’années », embraye-t-il. « On va mettre un terme définitif… » Le nouveau ministre s’exaspère du brouhaha ambiant et des interpellations. Il dégaine alors la carte du pathos, pour tenter d’amadouer son auditoire : « C’est déjà compliqué pour moi, c’est une première… ». Sans succès. À nouveau coupé, il passe à l’offensive : « Monsieur le député, j’ai un sens aigu du respect du contradictoire et de la parole de l’autre. J’aimerais que vous me laissiez au moins m’exprimer ! ».

« On souffre en silence »

Il poursuit : « On ne juge pas des hommes sur des a priori. Vous me jugerez sur ce que j’ai fait, quand je l’aurai fait. Quand on est au Café du Commerce, on ne s’exprime pas comme quand on est avocat. Quand on est avocat, on ne s’exprime pas comme quand on est ministre. Ça c’est pour la forme. Moi, au Café du Commerce je ne porte pas de cravate, à l’Assemblée j’en mets une. Voilà. » Une pique lancée, semble-t-il, à un député qui ne porte pas de cravate – le non-port de la cravate dans l’Hémicycle est autorisé depuis juillet 2017… mais qui ne calme toujours pas les députés.

Ces vidéos d’archives dont les ministres Dupond-Moretti, Bachelot et Darmanin se seraient bien passés

« Est-ce qu’on décompte les interruptions ? » s’interroge alors à voix haute le ministre ? « Non, on ne décompte pas, précise très sérieux, Richard Ferrand, le patron de l’Assemblée, depuis le perchoir. Et d’ajouter : « On souffre en silence », provoquant des rires sur les bancs des députés. Une première prise de parole du nouveau garde des Sceaux à son image : tonitruante, et truffée de punchlines.





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire