Fandi marche sur les traces de son père



  • Ikhsan Fandi est le meilleur buteur de Singapour dans les qualifications pour Qatar 2022
  • Son père Ahmad est un héros national
  • Ikhsan espère le détrôner dans les mois à venir

Tel père, tel fils. Dans le cas d’Ikhsan Fandi, fils de l’ancien international singapourien Ahmad Fandi, le talent semble s’être transmis de génération en génération. À 21 ans, Ikhsan est l’homme en forme de l’équipe de Singapour, comme en témoignent ses trois réalisations dans la compétition préliminaire de la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™. De son côté, Ahmad, 58 ans, est une légende vivante dans son pays. Avec 55 réalisations en 101 sélections, il reste le meilleur buteur de l’histoire des Lions.

Dans ces conditions, on pourrait s’attendre à ce que le second, notamment passé par Groningue au cours d’une longue et riche carrière, ait orienté les choix de son fils ; il n’en est rien. « Mon père ne nous a jamais forcés à jouer au football. Il nous a laissés libres de choisir notre propre voie », explique l’attaquant basé en Norvège, à FIFA.com. « En revanche, il nous a toujours dit qu’il fallait assumer ses décisions, s’y tenir et donner le maximum. On ne peut pas renoncer au premier obstacle. »

« Depuis que j’ai commencé ma carrière de footballeur, il a toujours été là pour moi. Il n’est pas du genre à dire ‘tu dois faire ceci’ ou ‘tu ne dois pas faire cela’ », poursuit-il. « Il me dit : ‘Si tu faisais ça, ce serait mieux pour toi’. C’est ça façon à lui de me donner des conseils après un match. Ses avis ont beaucoup de valeur à mes yeux. Tout le monde n’a pas la chance de profiter de si bons conseils. »

 Singapore forward Ikhsan Fandi (2nd L)celebrates after scoring a goal

Expériences en terres étrangères

Comme son père, Ikhsan est parti chercher fortune à l’étranger. En 2013, alors qu’il n’était encore qu’un adolescent, il s’est rendu en Espagne avec son frère Irfan pour participer à un essai à Hercules. Il a ensuite rejoint l’AC Barnechea, au Chili. Après avoir consolidé ses bases, Ikhsan est rentré à Singapour en 2016 pour porter les couleurs de Home United puis des Young Lions, en Premier League singapourienne. L’an dernier, il s’est engagé au Raufoss IL. Lors de sa première saison en Norvège, il a fait mouche à six reprises.

En sélection, ses statistiques sont également intéressantes avec huit buts en 18 matches. Omniprésent à la pointe de l’attaque de l’équipe de Singapour depuis le début des qualifications pour Qatar 2022, Fandi a notamment ouvert le score contre le Yémen (2-1), lors de la dernière journée, ce qui l’a propulsé au rang de grand espoir national et régional.

Au pays, on rêve maintenant de le voir égaler son père ; Ikhsan, lui, veut avant tout se faire un prénom. « La pression m’accompagne depuis mes débuts. Tout le monde connaît mon père à Singapour, alors je savais qu’on m’attendait au tournant. J’essaye de ne pas y penser et de me concentrer sur mon travail », assure-t-il. « Mon père a passé plusieurs saisons à Groningue, en première division néerlandaise. Moi, je joue en deuxième division norvégienne. Il me reste encore du chemin à parcourir », observe Ikhsan.

Pour autant, l’héritier n’a pas renoncé à éclipser un jour son célèbre père. « C’était mon but, avant même d’intégrer l’équipe nationale. J’ai toujours voulu marquer plus de buts que mon père avec Singapour », avoue-t-il en souriant. « C’est la raison pour laquelle je travaille aussi dur à chaque fois que j’ai la chance de représenter mon pays. C’est un projet à long terme, mais je vais tout faire pour battre son record. »

 Singapore forward Ikhsan Fandi celebrates after scoring a goal

Vers de nouveaux sommets

L’occasion d’écrire l’histoire pourrait se présenter plus tôt que prévu, à en juger par ses performances depuis le début des préliminaires asiatiques. Ahmad avait signé sept réalisations sous les couleurs de Singapour dans les qualifications pour États-Unis 1994, mais n’avait pu empêcher l’élimination de son équipe à l’issue de la phase de groupes préliminaire.

Aujourd’hui, les Lions occupent la troisième place de leur groupe, derrière l’Ouzbékistan et l’Arabie Saoudite et pourraient donc accéder pour la première fois de leur histoire au tour final. Ikhsan affiche en tout cas un optimisme à toute épreuve depuis l’arrivée aux commandes de Tatsuma Yoshida. « Nous avons beaucoup travaillé sur notre placement, les différents rôles sur le terrain et la responsabilité individuelle », précise-t-il. « Le sélectionneur insiste sur la vitesse de circulation, les appels et l’entraide. Quand on voit la qualité des performances produites, nous aurions même pu prendre davantage de points. »

À compter de la reprise, programmée en octobre, Singapour devra encore affronter la Palestine, l’Arabie Saoudite et l’Ouzbékistan. La tâche s’annonce difficile, mais Ikhsan se veut confiant. « Les Saoudiens font partie des poids lourds du continent et ils ont l’expérience de la Coupe du Monde. Les Ouzbeks ne manquent pas de talent non plus. Mais si nous jouons comme nous savons le faire, si chacun tient son rôle, nous pouvons créer la surprise. C’est toute la beauté de ce sport », conclut-il.

Crédit photos : Fédération singapourienne de football (FAS)



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