Quand Eric Dupond-Moretti nous parlait de son « anarchisme épicurien »


Ses confrères avocats le surnomment « l’Ogre », tant ses épaules de bûcheron impressionnent dans les prétoires. Ce fils d’une femme de ménage et d’un ouvrier métallo a été pion, puis serveur dans une boîte de nuit pour payer ses études de droit. Entré par la petite porte – les affaires prud’homales –, rendu célèbre par l’affaire d’Outreau, le ténor du barreau affiche un nombre record d’acquittements (plus de 150) et s’est taillé une réputation de trublion dans tous les tribunaux de France.

L’an passé dans l’interview qu’il nous avait accordée, Eric Dupond-Moretti, tour à tour émouvant, lucide, désarmant, choquant ou féroce, s’était mué en procureur de la « bien-pensance » et dénonçait une société devenue, selon lui, « hypermoralisatrice, hyperhygiéniste, hypertransparente ».

Vous dénoncez la société de la transparence. En quoi nuit-elle à la liberté ?

On a perdu notre liberté, ce n’est pas rien. Avec une carte bancaire, un téléphone, on sait déjà tout ce que vous faites, où vous allez, où vous vivez, ce que vous mangez… En prison, on « sonorise » même les cellules, ce lieu ultime de liberté de 5 mètres carrés. Ça en dit long sur notre époque. Le secret, qui est fondamentalement ce que nous sommes, devient suspect. La traduction sociétale de ce phénomène, ce sont les émissions de télé-réalité. On est dans le voyeurisme généralisé.

Dans l’affaire Bettencourt, la Cour de cassation estime que des écoutes faites – illégalement à mon sens – par un majordome, où on entend une vieille da





nouvelobs

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