L’Amérique célèbre un 4 juillet au goût amer


Couvre-feux Covid-19 en Floride, manifestations contre le racisme: les Etats-Unis célébraient samedi leur fête nationale dans une atmosphère singulière et un climat tendu.

Les festivités du 4 juillet, traditionnellement marquées par des parades, fanfares, barbecues et grands feux d’artifice dans une ambiance bon enfant ont été revues à la baisse à travers le pays.

Un « hommage à l’Amérique » sera malgré tout rendu par le président Donald Trump dans la capitale fédérale de Washington, à partir de 18H40 locales (22H40 GMT).

En dépit de la pandémie de coronavirus, le National Mall, l’immense esplanade où se dressent musées et monuments officiels et ses alentours sont restés ouverts et accessibles au public pour un feu d’artifice annoncé comme « monumental ».

En attendant le défilé aérien d’appareils de la Seconde Guerre mondiale et un show de la patrouille des Blue Angels, partisans de Donald Trump et manifestants anti-racisme s’invectivaient sous un soleil de plomb, a constaté l’AFP.

Pour l’occasion, l’administration dit avoir prévu la distribution de 300.000 masques.

Donald Trump s’exprimera depuis la Maison Blanche lors d’une cérémonie à laquelle ont été invités des Américains « en première ligne » face à la pandémie, en particulier du monde de la santé mais aussi des forces de police et de l’armée.

« La distanciation sociale sera observée et des masques et des désinfectants pour les mains seront distribués », a précisé à l’AFP Judd Deere, porte-parole de la Maison Blanche.

Une femme patiente sur le National Mall avant le feu d’artifice du 4 juillet, à Washington (AFP – Daniel SLIM)

Fidèle au message qu’il martèle depuis plusieurs jours, le milliardaire républicain a une nouvelle fois ignoré samedi le regain des contaminations qui alarme les autorités sanitaires.

« Nous avons été frappés par ce terrible fléau venu de Chine et maintenant nous sommes sur le point de nous en sortir », a-t-il lancé dans un message vidéo diffusé en milieu de journée. « Notre pays est de retour, les chiffres de l’emploi sont spectaculaires », a-t-il martelé.

– Records de cas en Floride –

Au même moment, la Floride annonçait un nouveau record de cas de Covid-19 à 11.458 sur les dernières 24 heures.

Devant l’ampleur de la crise sanitaire, le maire du comté de Miami-Wade, le plus peuplé du pays avec près de 2,7 millions d’habitants, a décrété vendredi un couvre-feu à partir de 22H00 locales.

Il « est destiné à empêcher les gens de s’aventurer et de traîner avec des amis dans des groupes, ce qui s’est révélé être un facteur de propagation rapide du virus », a expliqué Carlos Gimenez.

A Atlanta, Nashville, les concerts ou feux d’artifice ont été annulés.

Dans la ville texane de Houston, foyer de l’épidémie dans le grand Etat du Sud, le 4 juillet est fêté en ligne.

Les célébrations du Jour de l’indépendance, lorsqu’en 1776 treize colonies britanniques proclamèrent leur séparation de la couronne britannique et fondèrent les Etats-Unis d’Amérique, risquent cette année d’avoir un goût amer.

Des manifestants lèvent le poing devant le monument de Washington, le 4 juillet 2020 (AFP - ROBERTO SCHMIDT)

Des manifestants lèvent le poing devant le monument de Washington, le 4 juillet 2020 (AFP – ROBERTO SCHMIDT)

L’Amérique est animée depuis la mort de l’Afro-Américain George Floyd, par un mouvement historique contre le racisme, comparable à celui des droits civiques des années 60.

Partout dans le pays, des rassemblements sont prévus pour la justice, l’égalité raciale et contre le gouvernement Trump.

A Washington, une vingtaine de collectifs ont appelé à manifester, notamment devant le monument en mémoire d’Abraham Lincoln, depuis lequel Martin Luther King avait prononcé son discours « I have a dream », en 1963.

« Nous voulons faire savoir au monde, et pas seulement aux États-Unis, que nous ne valons pas moins que les autres », confie Katima McMillan, Afro-Américaine de 24 ans.

« Notre pays a été fondé sur une idée, celle que nous naissons tous égaux. Nous n’avons jamais été à la hauteur de cette idée », a déclaré samedi Joe Biden, candidat à la présidentielle de novembre. L’ancien vice-président de Barack Obama a appelé à s’unir pour surmonter « plus de 200 ans de racisme systémique ».

Donald Trump, qui brigue un second mandat, a dénoncé vendredi soir dans un discours très sombre « le désordre violent » dans les rues, et des « années d’endoctrinement extrême dans l’éducation, le journalisme et d’autres institutions culturelles. »

En plein débat sur les statues mises à terre par des manifestants antiracistes, il a dénoncé, depuis l’imposant monument du Mont Rushmore, « une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants ».



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