la procureure générale de Paris assure n’avoir « reçu aucune instruction du pouvoir exécutif »


Y a-t-il eu des pressions lors de l’enquête sur l’affaire Fillon ? Auditionnée devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale ce jeudi 2 juillet, la procureure générale de Paris Catherine Champrenault assure n’avoir « reçu aucune instruction du pouvoir exécutif » dans l’affaire Fillon, alors qu’une polémique remet en cause l’indépendance du parquet national financier (PNF).

Affaire Fillon : « pressions » ou petit règlement de compte entre magistrats ?

« Je n’ai reçu dans l’affaire Fillon, comme dans tous les autres dossiers relevant de mon contrôle hiérarchique, aucune instruction de la Direction des Affaires criminelles et des Grâces (DACG), aucune instruction du pouvoir exécutif et […] je n’ai jamais relayé une demande du garde des Sceaux ou du pouvoir exécutif pour influer sur une procédure », a assuré Catherine Champrenault devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’indépendance de la justice.

La semaine dernière, l’ancienne patronne du parquet national financier, Eliane Houlette, a dénoncé des « pressions » de la part de sa supérieure hiérarchique, Catherine Champrenault dans la conduite de l’enquête visant les époux Fillon. Devant la commission d’enquête parlementaire, le 10 juin, elle avait évoqué « des demandes de transmission rapide » sur les actes d’investigation ou les auditions et révélé avoir été convoquée par le parquet général qui plaidait pour que l’enquête soit confiée à un juge d’instruction. Des demandes qui étaient « d’un degré de précision ahurissante », selon Eliane Houlette, désormais à la retraite, qui assurait également que le parquet général s’ingérait « au quotidien dans l’action publique ».

Depuis, l’ancienne patronne du PNF a dit regretter que ces propos aient été « déformés ». Le 19 juin, Emmanuel Macron a saisi pour avis le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) afin de « vérifier que le parquet national financier a bien mené son enquête en toute sérénité, sans pression de l’exécutif ».

« Ne pas céder à la facilité d’une réécriture de l’histoire »

« Il ne faudrait pas céder à la facilité d’une réécriture de l’histoire », a ajouté Catherine Champrenault lors de son audition devant les députés, en assurant que le suivi de l’action publique par le procureur général « constitue le mode de fonctionnement normal, institutionnel, légal et même déontologique pour l’ensemble des magistrats du ministère public ».

Les fausses polémiques autour du jugement Fillon

Selon elle, « l’intensité de la remontée d’information », soit du PNF vers le parquet général, « a été à la seule mesure de l’intensité des actes diligentés ». Pour rappel, l’enquête préliminaire visant François Fillon a été ouverte le 25 janvier 2017, soit à trois mois de l’élection présidentielle.

La procureure générale de Paris a d’ailleurs précisé que la DACG a fait « deux demandes » visant « les résultats des actes d’enquête mais jamais » avant. « Neuf transmissions » ont été « adressées directement » par le PNF au parquet général, « spontanément » et le parquet général a fait « quatre demandes d’informations ».

« Je sais qu’on voudrait me faire dire qu’on a ouvert une information pour faire démissionner M. Fillon. Mais sa défense demandait une ouverture d’information judiciaire [dès] le 9 février, a indiqué Catherine Champrenault. « Cette affaire méritait qu’un juge d’instruction, plus indépendant en raison de son statut, soit saisi », a-t-elle estimé.





nouvelobs

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