La justice turque se penche sur le meurtre de Jamal Khashoggi



ISTANBUL (Reuters) – La justice turque ouvre ce vendredi le procès par contumace du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi assassiné en 2018 à Istanbul dans les locaux du consulat d’Arabie saoudite.

Vingt Saoudiens seront jugés en leur absence, dont l’ancien directeur adjoint du renseignement du royaume, Ahmed al Assiri, et l’ancien conseiller royal Saoud al Kahtani, qui sont accusés de « meurtre avec préméditation et intentions monstrueuses ».

On reproche aux 18 autres prévenus d’avoir commis le meurtre en étouffant le journaliste connu pour son hostilité à l’encontre du prince héritier Mohammed ben Salman.

Après de multiples déclarations contradictoires, les autorités saoudiennes ont reconnu que Jamal Khashoggi, qui s’était exilé aux Etats-Unis, avait été tué et démembré le 2 octobre 2018 par des agents saoudiens ayant agi selon elles de leur propre initiative.

Une commission d’enquête de l’Onu a annoncé en juin 2019 détenir des preuves de l’implication personnelle du prince héritier, que la CIA et plusieurs pays occidentaux considèrent comme le commanditaire du meurtre.

Le prince Mohammed ben Salman a admis en septembre dernier porter la responsabilité du meurtre sans reconnaître en avoir donné l’ordre. « C’est arrivé sous ma direction. J’assume toute la responsabilité, parce que c’est arrivé sous ma direction », a-t-il déclaré dans un documentaire diffusé à l’occasion du premier anniversaire de la mort du journaliste saoudien.

L’Arabie saoudite a déjà jugé plusieurs accusés donc cinq ont été condamnés à mort en décembre dernier.

(Ali Kucukgocmen et Yesim Dikmen; version française Nicolas Delame, édité par Jean-Stéphane Brosse)



challenges

A lire aussi

Laisser un commentaire