Le Congrès américain proche d’adopter des sanctions contre la répression à Hong Kong


Le Congrès américain pourrait adopter jeudi une loi prévoyant de sanctionner les responsables chinois appliquant les nouvelles règles sécuritaires répressives contre Hong Kong, ainsi que les banques qui les financent, une initiative qui provoque déjà la colère de Pékin.

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, a approuvé mercredi à l’unanimité ce texte.

Puisqu’il est légèrement différent de celui déjà adopté, là aussi à l’unanimité, le 25 juin au Sénat, il doit être soumis à un nouveau vote à la chambre haute, qui pourrait intervenir dès jeudi.

Le texte devra encore être promulgué par le président Donald Trump pour entrer en vigueur. La Maison Blanche n’a pas indiqué s’il comptait le faire ou mettre son veto.

Cette proposition de loi a été promue et soutenue à la fois par les républicains et les démocrates, désireux de renforcer la pression sur Pékin au-delà des mesures déjà communiquées par le gouvernement américain depuis que la Chine a annoncé, puis promulgué mardi, une loi sur la sécurité nationale dans l’ex-colonie britannique.

Pékin a dit jeudi « déplorer et fermement s’opposer » au vote de la Chambre.

« Hong Kong, y compris la loi sur la sécurité nationale, sont purement des affaires internes à la Chine, aucun pays ne peut s’en mêler », a réagi devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

La version approuvée par la Chambre « comprend des changements techniques mineurs par rapport au texte que le sénateur (Pat, NDLR) Toomey et moi avons fait adopter la semaine dernière », a souligné le sénateur démocrate Chris Van Hollen.

« Demain, nous irons dans l’hémicycle demander au Sénat d’adopter la nouvelle version immédiatement », a-t-il tweeté. Le vote pourrait intervenir vers la mi-journée.

– Banques dans le viseur –

Moins de 24 heures après l’entrée en vigueur de la loi sur la sûreté de l’Etat imposée par Pékin à Hong Kong, la police avait procédé à ses premières arrestations dès mercredi.

Loi sur la sécurité nationale à Hong Kong (AFP – Cléa PÉCULIER)

Promulgué mardi par le président chinois Xi Jinping, ce texte fait craindre à l’opposition hongkongaise un recul des libertés inédit depuis la rétrocession à la Chine par le Royaume-Uni de ce territoire, en 1997.

Le texte étudié au Congrès américain permettrait à Washington de sanctionner toute entité ou personne qui contribue matériellement à la violation des obligations chinoises concernant l’autonomie de Hong Kong.

Ses auteurs citent justement l’exemple de « dirigeants du Parti communiste chinois responsables de l’imposition d’une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong », ou encore d’unités de police impliquées dans la répression de manifestants hongkongais.

Surtout, les banques qui mèneraient des « transactions importantes » avec les personnes ou entités sanctionnées seraient à leur tour visées par des mesures punitives.

Fin mai, Washington avait déjà frappé fort en révoquant le statut commercial préférentiel de Hong Kong.

Lundi, les Etats-Unis et la Chine avaient encore intensifié leur cycle de représailles et contre-représailles, Washington annonçant la fin d’exportations d’armements à l’ex-colonie britannique après la mise en place de restrictions de visas par Pékin.

Et le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a prévenu mercredi que de nouvelles mesures américaines n’étaient pas à exclure.

En parallèle, des parlementaires républicains et démocrates ont présenté une autre proposition de loi cette semaine, à la Chambre et au Sénat, le « Hong Kong Safe Harbor Act », qui placerait les habitants de Hong Kong dans une catégorie prioritaire pour réclamer le statut de réfugié, similaire à celle accordée aux Cubains.

Elle ouvre aussi « une voie vers l’asile politique pour les militant en première ligne, en danger immédiat », a précisé l’un des co-auteurs du texte à la Chambre, le républicain John Curtis. Le texte appelle en outre le secrétaire d’Etat américain à coordonner l’accueil de « Hong-Kongais comme réfugiés avec les autres pays partageant la même position ».

Cette escalade survient alors que Donald Trump s’est dit mardi « de plus en plus en colère » contre la Chine pour sa gestion des débuts de la pandémie de Covid-19, qui a déjà fait plus de 125.000 morts aux Etats-Unis et fait plonger son économie.

Avant la propagation de la pandémie, les deux premières puissances économiques du monde étaient parvenues à faire une trêve dans leur guerre commerciale à coup de droits de douane punitifs réciproques.

Mais dans ce contexte de tensions extrêmes, Donald Trump n’avait de nouveau pas exclu de suspendre toutes les relations, y compris économiques, avec Pékin, le 18 juin.



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