La ville américaine de Richmond retire les symboles de son passé confédéré


Le sud des Etats-Unis a commencé mercredi à tourner la page du lourd passé de la confédération. Poussées par une vague de protestation historique contre le racisme dans le pays après la mort de plusieurs Afro-Américains aux mains de policiers blancs, dont George Floyd, plusieurs villes ont retiré les symboles des partisans de l’esclavage pendant la guerre de Sécession.

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La ville de Richmond, en Virginie, a démonté un premier monument en mémoire de l’armée confédérée installé dans l’ancienne capitale du Sud pendant la guerre fratricide qui a eu lieu entre 1861 et 1865.

Plus au sud, le Mississippi a retiré le drapeau au symbole confédéré de son capitole, un moment historique pour cet Etat marqué par les blessures de la période de l’esclavage.

C’était le dernier drapeau d’un Etat américain comportant l’étendard – fond rouge, croix bleue en diagonale avec des étoiles blanches – qui représentait les Etats sudistes.

« Tourner la page » du passé

A Richmond, les monuments confédérés sont considérés par leurs détracteurs comme des symboles à la gloire de l’héritage esclavagiste des Etats-Unis. Le plus symbolique de ces monuments est la statue du commandant en chef de l’armée sudiste, le général Robert Lee, qui trône depuis un siècle sur une place de la ville.

Faut-il déboulonner Colbert ?

Des employés municipaux se sont activés dès mercredi après-midi autour de la statue de Thomas « Stonewall » Jackson, un autre général de l’armée du Sud. Après l’avoir déboulonnée, les employés l’ont descendue de son piédestal à l’aide d’une grue, selon les médias locaux.

Le maire, Levar Stoney, a justifié sa décision par la nécessité pour la ville de « tourner la page » du passé. « Depuis la fin officielle du statut de capitale de la confédération il y a 155 ans, nous sommes sous le poids de cet héritage », a-t-il expliqué dans un message vidéo sur Twitter.

« Ces statues, quoique symboliques, ont placé une ombre sur les rêves de nos enfants de couleur. En les enlevant, nous pouvons commencer à guérir et concentrer notre attention sur l’avenir », a souligné l’édile, un Afro-Américain de 39 ans.

Levar Stoney a cependant admis que le retrait de ces monuments n’était pas « une solution pour régler les injustices raciales qui sont profondément enracinées » à Richmond et plus largement aux Etats-Unis.

En mars, le gouverneur démocrate de Virginie, Ralph Northam, avait annoncé que les municipalités pouvaient décider du retrait ou non de leurs statues. Leur sort reste indéterminé. Elles seront remisées jusqu’à ce qu’une solution définitive soit trouvée, a précisé Levar Stoney.

Vague de manifestations

Les manifestations contre le racisme et les violences policières se succèdent depuis plus d’un mois après la mort de George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

« L’histoire a été écrite par les dominants »

Elles ont aussi relancé le débat sensible sur l’héritage du passé esclavagiste du pays, symbolisé par ces monuments que des manifestants ont vandalisés et tentés de mettre à terre un peu partout sur le territoire, notamment à Richmond.

Pour les défenseurs de ces statues, elles sont un symbole de l’héritage historique du sud des Etats-Unis. Le président Donald Trump a dans le passé estimé que leur disparition reviendrait à « mettre en pièces » l’histoire et la culture américaine.





nouvelobs

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