Biographie : Angela Merkel, chancelière allemande


Synthèse


30.06.2020

Angela Merkel est la chancelière allemande depuis 2005. Quatre mandats et un règne national qui prendra fin en 2021, puisqu’elle a annoncé qu’elle ne se représenterait pas. Retour sur le parcours de celle qui fut considérée comme la 2e personne la plus influente au monde.

La chancelière allemande Angela Merkel lors d’un Conseil européen en février 2020 – Crédits : Conseil de l’UE

Fille d’un pasteur et d’une institutrice, Angela Dorothea Merkel naît le 17 juillet 1954 à Hambourg. Sa famille se rend ensuite dans le Brandebourg, en Allemagne de l’Est, où elle passe son enfance. Comme beaucoup d’habitants de la RDA, elle participe alors à des mouvements de jeunesse communistes.

En 1978, elle entreprend des études de physique à l’université de Leipzig. Elle obtient son doctorat en 1986, puis travaille jusqu’en 1990 à l’Institut de physique chimie de l’académie des sciences de RDA.

A partir des années 1990, elle connaît une rapide ascension politique. En 1990, elle entre dans la compétition électorale pour le bureau politique Demokratischer Aufbruch, mouvement d’opposition au communisme. Elle est nommée porte-parole du dernier gouvernement de RDA. Après la réunification de l’Allemagne, elle devient membre du Parti Démocrate Chrétien CDU et est élue au Bundestag. Sous la chancellerie d’Helmut Kohl, elle occupe successivement le poste de ministre fédéral des Femmes et de la Jeunesse (1991-1994) et celui de ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire (1994-1998).

En 1998, Angela Merkel est élue à la tête de la CDU et devient ainsi la première femme à diriger un parti chrétien-démocrate. Sept années plus tard, elle est nommée chancelière à la tête d’un gouvernement de coalition. Elle est reconduite à ce poste en 2009, puis en 2013 où elle dirige un nouveau gouvernement de coalition avec le parti social-démocrate SPD.

En 2013, elle est classée à la 2e place des personnes les plus puissantes du monde par le magazine Forbes, juste derrière Barack Obama. En Allemagne, elle bénéficie d’une cote de popularité particulièrement importante.

En 2014, elle est réélue sans surprise à la tête de la CDU pour la huitième fois consécutive. Le 6 décembre 2016, avec 89,5% des voix, elle est à nouveau choisie pour diriger le parti de l’Union chrétienne démocrate huit mois avant les élections législatives pour lesquelles elle briguera un quatrième mandat.

Réélue le 24 septembre 2017 avec plus de 33% des suffrages pour un quatrième mandat à la tête de la chancellerie fédérale, Angela Merkel n’a pas été particulièrement déstabilisée par ses adversaires durant la campagne, préférant mettre en valeur son bilan économique et la stabilité qu’elle inspire dans un environnement géopolitique agité. Toutefois, ce résultat est particulièrement faible pour la CDU/CSU, associé notamment à la percée du parti d’extrême-droite AfD (Alternative für Deutschland) dans les suffrages. Les résultats électoraux ont fragilisé la chancelière et son parti, et ont conduit à des négociations prolongées quant à la formation d’un nouveau gouvernement. Un accord de grande coalition a finalement été passé avec le SPD en février 2018, plus de quatre mois après les élections.

L’application de sa politique migratoire qui a conduit à l’accueil d’un million de réfugiés, couplée à la percée de l’AfD lors des élections régionales dans le Land de Hesse en octobre 2018, conduisent la chancelière à annoncer son départ de la présidence de son parti en décembre de la même année. Un poste qu’elle considère aller de pair avec la chancellerie, pour des questions de crédibilité et d’autorité. Le 7 décembre 2018, Annegret Kramp-Karrenbauer lui succède à la tête de la CDU et met fin à 18 ans de règne d’Angela Merkel.

Sa vision de l’Europe

A peine arrivée au pouvoir en 2005, la chancelière allemande montre sa fidélité à la France et sa volonté d’entretenir la dynamique du moteur de la construction européenne. Dès le lendemain de son investiture, elle se rend à Paris pour rencontrer Jacques Chirac et le Premier ministre Dominique de Villepin. Pour elle, « cette visite n’a rien d’un rite, mais exprime la conviction profonde qu’une bonne relation franco-allemande, approfondie, amicale, est non seulement importante pour nos deux pays, mais aussi nécessaire et utile à l’Europe« .

Néanmoins, Angela Merkel remet en cause la relation « classique » voire « mécanique » existante entre la France et l’Allemagne. L’axe franco-allemand ne doit pas, à ses yeux, être « exclusif » ou « dirigé contre les autres« . Elle veut voir naître des relations plus étroites avec la Grande-Bretagne et désire également œuvrer pour le rapprochement de son pays avec l’Europe centrale et orientale. Elle remet par exemple en cause l’axe Paris-Berlin-Moscou. L’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée en mai 2017 permet néanmoins de réchauffer les relations entre les deux pays.

Toutefois, la chancelière allemande est réputée pour sa discrétion, son pragmatisme et son approche « pas-à-pas« , tant dans le domaine de la politique nationale que dans sa gestion de la crise économique et financière européenne, où elle occupe un poids primordial, du fait notamment de la bonne santé économique de son pays.

Parfois qualifiée par ses détracteurs de « Dame de fer » allemande (en référence à la Britannique Margaret Thatcher), voire de « nouvelle Bismarck » ou de « Reine de l’Europe« , Angela Merkel a montré sa détermination à sortir de la crise par une « croissance des réformes structurelles« , et non « une croissance par les déficits« , et à obtenir d’importantes garanties économiques et budgétaires de la part de ses partenaires en échange de mesures communes pour lutter contre la crise.

D’autre part, la chancelière se positionne contre l’adhésion de la Turquie à l’UE et veut former un partenariat renforcé avec les Etats-Unis avec un rôle plus important pour l’OTAN.

Sa gestion de la crise du Covid-19

L’arrivée de la pandémie de Covid-19 en Europe et dans le monde au début de l’année 2020 a conduit à de nombreux bouleversements dans la doctrine allemande. Pour répondre à la crise économique dans son pays, la chancelière a d’abord brisé un tabou national en suspendant le respect des règles de discipline budgétaire dans le cadre de son plan de relance économique.

Au niveau européen, la crise sanitaire et économique a conduit à conduit à resserrer les liens franco-allemand. Le 18 mai 2020, la chancelière présente avec son homologue français une initiative commune pour la relance économique de l’Union européenne. Reposant sur un principe d’endettement commun entre les Etats européens, le plan – dont s’est inspiré la Commission européenne pour élaborer sa propre proposition de plan de relance – représente également un tournant dans la doctrine allemande. Le 1er juillet 2020, la Chancelière allemande prend la présidence du Conseil de l’Union européenne pour la seconde fois (la précédente en 2007). Six mois (juillet-décembre 2020) au cours desquels, elle entend tout mettre en œuvre pour parvenir à un accord européen sur la question.



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