Louis Aliot, le frontiste masqué de Perpignan



La porte s’ouvre à la volée. Voilà Louis Aliot, baskets aux pieds, chemise ouverte. Le député Rassemblement national (RN) a le sourire en coin. Et bonne mine. Evidemment, il a passé le confinement dans les Pyrénées-Orientales, à l’ombre des oliviers. Rester à Paris, « ça m’aurait rendu fou ! », dit-il. Au-dessus de son bureau trônent un tableau de Jeanne d’Arc et le drapeau catalan, rouge sur or, mais aucune photo ou affiche de la patronne de son parti, Marine Le Pen. Dans la pièce voisine, la bonne nouvelle du jour l’attend : Alain Cavalière, ancien président du tribunal de commerce, tonitruant ex-numéro trois de la liste La République en Marche pour la mairie de Perpignan, qui vient d’appeler à voter… Aliot au second tour ! Au grand dam de la direction parisienne du parti et de son candidat local, Romain Grau, qui a appelé à voter pour le maire sortant LR, Jean-Marc Pujol.

Aliot et sa nouvelle recrue se prennent dans les bras, copains comme cochon. Il faut dire que le premier avait déjà proposé au second une place sur sa liste. « Et j’aurais accepté si je n’avais pas déjà dit oui à Romain Grau ! » admet, en riant, l’intéressé. Les deux hommes filent prendre un verre ensemble sur une terrasse, histoire de montrer que le front républicain, à Perpignan, c’est bien fini.

Le Rassemblement national peut-il s’enraciner grâce aux municipales ?

La capitale catalane tombera-t-elle aux mains de l’extrême droite le 28 juin ? Cela fait dix ans que Louis Aliot, 51 ans, dont trente au sein d