Pour protéger l’emploi américain, Trump gèle les cartes vertes et les visas de travail


Nouveau tour de vis migratoire. Toujours au nom de la lutte contre le chômage, Donald Trump, en campagne pour sa réélection le 3 novembre, a décidé lundi 22 juin de geler les cartes vertes et certains visas de travail jusqu’en 2021.

Confronté à la destruction brutale de millions d’emplois en raison des mesures de confinement, le président républicain avait décidé il y a deux mois de suspendre pour 60 jours la délivrance des « green cards », qui offrent un statut de résident permanent aux Etats-Unis, sans toucher aux visas de travail temporaires.

Comment redémarrer l’économie ? 10 questions pour comprendre une crise sans précédent

Ce nouveau décret, que Donald Trump a signé lundi après-midi, prolonge cette « pause » jusqu’au 31 décembre. Une « pause » qui devrait empêcher au moins 525 000 étrangers d’entrer sur le sol américain et réserver leurs emplois à des Américains, a annoncé un haut responsable.

« La priorité du président, c’est de remettre les Américains au travail »

Plusieurs types de visas de travail sont concernés par ce nouveau décret selon ce responsable : les H-1B, très utilisés dans le secteur des hautes technologies et octroyés chaque année à 85 000 personnes, les visas H-2B réservés aux travailleurs peu qualifiés (avec une exception pour les employés de l’industrie alimentaire), les visas J utilisés pour les étudiants-chercheurs, les visas de transfert inter-compagnies qui servent pour certains contrats expatriés et les H-4 qui permettent aux épouses des détenteurs d’autres visas de travailler.

16,5 millions de chômeurs en plus en trois semaines : cette Amérique qui souffre

« La priorité du président, c’est de remettre les Américains au travail », a-t-il justifié. En effet, aux Etats-Unis, le taux de chômage a bondi à 13,3 % de la population active en mai, contre 3,5 % en février, en raison des mesures de confinement prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

Sundar Pichai, le patron de Google dont le groupe est l’un des grands bénéficiaires des visas H1-B, s’est déclaré « déçu » par cette annonce. « L’immigration a immensément contribué au succès économique de l’Amérique pour en faire un leader mondial dans les technologies », a-t-il tweeté.

Attirer les étrangers les plus qualifiés

Au-delà du gel des visas annoncé lundi, Donald Trump a ordonné à son administration de réfléchir à une réforme des visas H1-B pour qu’en 2021, ils soient attribués aux étrangers à qui les plus hauts salaires ont été promis et non plus par loterie. Une réforme du système d’immigration légale, pour attirer les étrangers les plus qualifiés. « Cela éliminera la compétition pour les Américains aux postes de débutants et nous aidera à attirer les meilleurs, les plus doués », a estimé le haut responsable.

Ces annonces ont immédiatement suscité des réactions aux antipodes. Le sénateur républicain Ted Cruz, proche du président, a salué un « acte important ». « Ce n’est ni une réponse à la pandémie, ni une réponse économique », a au contraire jugé Andrea Flores, de la puissante association de défense des droits civiques ACLU, pour qui « il s’agit d’une instrumentalisation de la pandémie […] pour remodeler nos lois migratoires sans passer par le Congrès ».

Parler de Trump est à la fois plus simple et plus compliqué à l’heure du Covid-19

Fait inhabituel, le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham, d’ordinaire un fervent soutien de Donald Trump, a lui aussi critiqué la décision du président en estimant qu’elle constituera « un frein pour notre reprise économique ».

« Ceux qui pensent que l’immigration légale, et particulièrement les visas de travail, nuisent au travailleur américain ne comprennent pas l’économie américaine », a-t-il tweeté.





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire