Le brief éco. L’Europe se protège des appétits chinois


Le président du Parlement européen Donald Tusk accueille le Premier ministre chinois Li Keqiang, à Bruxelles le 9 avril 2019 (NICOLAS LANDEMARD / LE PICTORIUM / MAXPPP)

L’Union européenne est la première destination pour les exportations chinoises. 500 millions de consommateurs européens, c’est important pour la Chine, à condition que la Chine nous respecte. C’est un peu l’ambiance dans laquelle va se tenir ce sommet virtuel entre les deux camps aujourd’hui avec, en toile de fond, la loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong imposée par Pékin pour mettre au pas l’ancienne colonie britannique, aujourd’hui région autonome.

En condamnant l’ingérence croissante de la Chine dans les affaires intérieures de Hong Kong, l’Europe met en avant la question des droits de l’Homme. Mais il y a aussi, et surtout, la dimension économique du dossier. Le renforcement de la mainmise de Pékin sur Hong Kong risque d’entamer la confiance que le monde des affaires a vis-à-vis de l’ancienne colonie britannique en tant que centre financier majeur. Les enjeux financiers sont énormes.

La semaine dernière déjà, Bruxelles a dévoilé des mesures pour protéger les entreprises européennes d’éventuels prédateurs chinois. Le confinement lié au coronavirus a fortement affaibli de nombreuses entreprises européennes, devenues autant de proies faciles pour des groupes étrangers. L’Europe agit en ce moment sur tous les fronts en posant des garde-fous. Le marché européen est aujourd’hui ouvert sans réciprocité. C’est-à-dire que Chinois (et Américains) font chez nous à peu près ce qu’ils veulent, mais les Européens n’ont pas les coudées aussi franches en Chine.

Face à cela, la réponse de l’Europe pourrait être d’ouvrir le marché européen sous réserve de réciprocité. Par exemple, interdire aux entreprises chinoises de prendre plus de 50% du capital de sociétés européennes. Egalement faire en sorte de lutter à armes égales. Les entreprises chinoises sont gavées de subventions publiques qui les dopent et les rendent très offensives sur la scène internationale. De ces points précis, il ne sera pas question directement ce lundi 22 juin lors de la visioconférence mais Bruxelles n’entend plus se laisser marcher sur les pieds. Elle va envoyer quelques messages en ce sens.



FranceTVinfo

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